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Espia a una mujer que se mata


De :
Mise en scène par Daniel Veronese
Avec mara bestelli, malena figo, fernando llosa, marta lubos, osmar nuñez, silvina sabater et marcelo subiotto.

spectacle à 21h - durée 1h35

spectacle en espagnol surtitré

spectacle en partenariat avec le Théâtre des Ateliers
(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)




ESPIA A UNA MUJER QUE SE MATA


Daniel Veronese commence sa carrière comme acteur et mime. En 1985, il fait une incursion dans le théâtre d’objets, et créé, en 1989, avec Ana Alvarado et Emilio García Wehbi, le groupe "El Periferico de Objetos" dont on a pu voir plusieurs spectacles en France notamment au festival d’Avignon et au festival Scènes étrangères.
Il est auteur de plus de vingt textes publiés et metteur en scène de plus d’une douzaine de pièces. Son travail se fonde sur la recherche de synthèse, et une approche transversale des canevas formels du théâtre traditionnel. Ses pièces sont traduites en italien, en allemand, en français et en portugais.
En tant qu’auteur, il reçoit plusieurs prix parmi lesquels le Second Prix National (1997) et le Premier Prix Municipal (1998) – en Argentine. Depuis 1999, il est conseiller artistique du Festival International de Théâtre de Buenos Aires.
En 2005, il réalise à la Casa de América de Madrid un atelier-création de son texte“Mujeres soñaron caballos” avec des acteurs espagnols. Il a récemment dirigé à Madrid une adaptation pour la scène de “El Túnel” de Ernesto Sábato avec l’acteur Héctor Alterio. Prochainement, plusieurs de ses mises en scène seront reprises à Buenos Aires, : “En Auto” (Teatro Nacional Cervantes), “Mujeres soñaron caballos” (Espacio Callejón) et “El método Grönholm” (Complejo La Plaza).
En 2005, il créé sa première adaptation de Tchekhov, "Un Hombre que se ahoga",à partir des “Trois soeurs”. Depuis elle a été présentée à New York - Lincoln Center Festival, au théâtre María Guerrero à Madrid, au théâtre Lliure à Barcelone. En mars 2008, elle sera présentée à Tokyo. “Espia a una mujer que se mata”, l’adaptation de “Oncle Vania”, est le deuxième volet de ce travail sur Tchekhov qui tournera en 2008 notamment au Mexique, en Espagne et en France.
RUE 89 – 18.02.2008 - Jean-Pierre Thibaudat


Oncle Vania, c’est moi, dit l’Argentin Daniel Veronese


Quel cheminement mène de la pièce de Tchekhov "Oncle Vania" à un spectacle titré Espia a una mujer que se mata" ("Espionne une femme qui se tue")? Pour le savoir, il faut se rendre dans un petit théâtre en Argentine... ou en ce moment à la MC93 de Bobigny, où se tient le cinquième festival Standard idéal.
A Buenos Aires, au coeur du quartier Almagro, sur Mario Bravo, au numéro 960, vous avez le choix entre deux entrées: à droite, un bar-restaurant sympathique derrière une large vitrine; à gauche, un long et large couloir ocre-rouge où se tient une exposition. Au bout du couloir et à l'arrière du café vous attendent les deux petites salles d’El camarin de las musas ("Le cabinet des muses"), l’une de 65 places, l’autre de 45. Les salles du théâtre alternatif de la capitale argentine ne sont pas bien grandes mais généreuses. C’est un lieu à l’image de l’auteur et metteur en scène Daniel Veronese, qui y travaille avec sa troupe d’acteurs fidèles: concentré.
Spectateur qui entre ici, laisse tes rêves de samovars au vestiaire L’homme (50 ans et des poussières) est une valeur sûre. Il a connu ses premiers succès à la fin des années 80 avec un "théâtre d’objets", il a écrit depuis une vingtaine de pièces (certaines traduites en français) et signé bon nombre de mises en scène.
C’est sur la "grande" scène d’El camarin de las musas que Daniel Veronese a retrouvé Tchekhov, auteur qu’il avait déjà abordé avec succès en 2005 avec une version très personnelle des "Trois soeurs" sous le tire "Un hombre que se ahoga" ("Un homme qui se noie"). "Espia a una mujer que sa mata" poursuit dans la même veine. On peut voir dans le changement de titre un souci de clarté et une invitation: spectateur qui entre ici, laisse au vestiaire tes rêves de samovars et de salon fin de siècle d’une Russie d’avant la Révolution où prennent le thé les actrices, les professeurs, les docteurs et les hobereaux qui accompagnent souvent les mises en scène de Tchekhov en général et d’"Oncle Vania" en particulier. C’est moins la pièce que son écho que l’on te propose d’entendre, sa façon d’entrer en résonance avec notre quotidien, le notre, le tien, nous dit Veronese qui, non par prétention mais par honnêteté, dégraisse la pièce de tout ce qui ne lui parle plus.
L’un des idées force du spectacle c’est son espace: tout se passe dans un espace unique et très restreint: quelques mètres carrés une étroite table occupe une bonne partie de l’espace, un couloir, deux portes. En fait, la "scénographie vieille et cabossée" d’un précédent spectacle de Veronese, "Mujeres Sonaron Caballos" (les femmes ont rêvé des hommes).
Cette surface, corrigée un minimum, modifie d’emblée la façon de bouger des acteurs et la façon d’être des personnages. Ils sont les uns sur les autres, se gênent, s’entassent, s’insupportent. Promiscuité des corps et des sentiments, crises de nerfs, et, au bout, la vodka, cet espéranto des conversations russes servant de liant. Veronese se réapproprie la pièce, en fait une histoire personnelle Tout se passe comme si, tel l'entomologiste Fabre observant les insectes (ses livres sur les abeilles, les fourmis et autres en disent beaucoup sur le jeu des acteurs), Daniel Veronese avait commencé par étudier l’évolution des personnages sur ce plateau étouffant.
Puis comme si l’auteur de pièces de théâtre et l’Argentin qu’il est s’était mis à faire dériver cet univers. Entraînant des modifications du texte (le professeur devient un critique de théâtre, avec tout ce que cela entraîne de propos sur l’art), des ajouts (extraits de la pièce de Jean Genet, "Les Bonnes"), des coupes. Moyennant quoi, Veronese se réapproprie la pièce, en fait une histoire personnelle. Oncle Vania, c’est lui, comme Madame Bovary, c’est Flaubert. Veronese raconte que son grand père italien était un communiste ayant fuit l’Italie, dans une Europe en proie à la barbarie. Comme les personnages de Tchekhov, il se posait des questions quant à l’avenir de l’humanité, il cherchait les voies du bonheur. il est mort sans avoir trouvé les bonnes réponses, dit Veronese. Et le travail de ce dernier repose sur cet "merveilleuse insatisfaction" héritée de son grand-père. Ce spectacle avec Tchekhov, c’est tout bonnement son histoire.
Jean-Pierre Thibaudat

Représentations ATP : Théâtre des Ateliers
le 20 Novembre 2008, 21H00
le 21 Novembre 2008, 21H00
le 22 Novembre 2008, 21H00


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