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LE TRIOMPHE DE L'AMOUR


De : Marivaux
Mise en scène par Cendre Chassanne
Avec XAVIER CZAPLA Arlequin - STEPHANE SZESTAK Agis - AGNES FABRE Léonide / Phocion - ISABELLE FOURNIER Corine / Hermidas - JEAN-BAPTISTE GILLET Dimas - CECILE LETERME Léontine - DIDIER RUIZ Hermocrate
spectacle à 18h - durée 1h45
(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)




Résumé de la pièce :


Phocion, jeune princesse s'introduit dans les jardins du philosophe stoïcien Hermocrate dans le but de rendre le pouvoir à Agis héritier légitime du trône, dont elle est tombée amoureuse au détour d’un bosquet dans l’épaisse forêt.
Par le jeu du travestissement et ne reculant devant aucune cruauté, Phocion et sa servante Corine utiliseront toutes les armes du langage amoureux pour séduire hommes, femmes, afin de conquérir l’être aimé enfermé dans l’ignorance et le diktat d’Hermocrate.
Chacun à la traversée de ce jardin sera révélé dans ses propres désirs.
Triomphe de l’amour sur le mensonge par le mensonge. Triomphe de la jeunesse et de demain sur la vieille garde. Utopie.



La cie Barbès 35 & Cendre Chassanne
La Cie Barbès 35, créée en 2002, est en Résidence d’Implantation jusqu’en 2008 au Théâtre Jean Arp à Clamart.
C’est aux Ateliers de l’Acteur Créateur dirigés par Alain Knapp et Jean-Chrsitophe Barbaud, que Cendre Chassanne rencontre le noyau de son équipe. La compagnie creuse son identité de ces liens de fidélité avec Jean-Baptiste Gillet, Cécile Leterme, Didier Ruiz, Isabelle Fournier et Xavier Czapla, compagnons de route. Le Triomphe de l’amour ouvre de nouvelles rencontres avec Agnès Fabre et Adama Diop tous deux jeunes acteurs issus du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris.
Avant de créer la Cie Barbès 35, Cendre Chassanne met en scène Ginette Guirolle, Le Nombril d’Adam et L’Histoire du Soldat pour Anne Bitran et Olivier Vallet - Compagnie Les Rémouleurs. Elle assiste Laurent Serrano sur Le Dragon d’ Evgueni Schwartz. Elle monte en 2004 L’Assemblée-Trilogie Siméon : Soliloques - Stabat Mater Furiosa – La Lune des pauvres de Jean-Pierre Siméon, et Du pain plein les poches de Matéi Visniec en septembre 2006 pour le Théâtre Jean Arp.


ENTRETIEN PARU DANS LE JOURNAL LA TERRASSE
Vous envisagez Le Triomphe de l'amour comme « une pièce totalement à part » dans l''uvre de Marivaux. En quoi réside cette singularité '
Cendre Chassanne : Contrairement à d'autres textes de Marivaux, Le Triomphe de l'amour ne rend pas compte d'une expérimentation, mais défend un projet. Un projet amoureux et politique mené par une princesse, Léonide, qui élabore un stratagème afin de restituer son trône à Agis, l'homme qu'elle aime. Tout cela s'opère au cœur d'un jardin et non dans des salons. La jeunesse prend le pouvoir comme si elle était accompagnée par la nature, comme si, à travers elle, la nature reprenait ses droits' Il y a dans cette aventure quelque chose d'extrêmement hédoniste. Et c'est en ce sens que cette pièce conduit à un autre endroit que Les Fausses confidences ou Le Jeu de l'amour et du hasard par exemple, qui sont des comédies plus sociales. Bien sûr, les frottements sociaux existent également dans Le Triomphe de l'amour, mais je ne pense pas qu'ils représentent le centre de cette pièce.
« Il y a du philtre d'amour dans cette pièce-là, beaucoup de féerie. » Quel en est donc le centre '
C. Ch. : La guerre d'amour ' qui est également une guerre politique ' que Léonide mène contre le vieil « establishment », contre un monde ancien figé dans des règles de violence et d'austérité. Selon ces règles, la restitution du pouvoir à Agis ne peut passer que par le complot et le coup d'état. Or, le nouveau monde caractérisé par Léonide ne situe son combat qu'à l'endroit de l'amour : sa guerre n'engage que les c'urs. Et puis ce que je trouve très beau, c'est qu'à travers le jeu de travestissements et de miroirs que Marivaux met en place, se crée quelque chose d'absolument merveilleux, de presque irréel. D'une certaine façon Le Triomphe de l'amour me fait penser au Songe d'une nuit d'été' Il y a du philtre d'amour dans cette pièce-là, beaucoup de féerie. Cupidon traverse le ciel, des charmes opèrent'
C'est la raison pour laquelle vous avez imaginé une forme de jardin « extra ordinaire » '
C. Ch. : Oui, une serre, un jardin tout d'abord complètement sec, totalement stérile, à l'image de la maison dans laquelle l'action prend place. Car, au début, il n'y a aucun amour dans cet endroit-là, rien n'y fleurit avant que Léonide, par la puissance de son projet, ne parvienne à faire bouger tout cela, à réveiller les forces de la nature. Ainsi, au fur et à mesure que les scènes et les actes passent, du végétal se met à pousser, du vert, de la pelouse' Et pour finir, à la fin de la pièce, c'est comme si on aboutissait à un plateau entièrement baroque ayant accompagné la mise en jeu des comédiens. Car au-delà de l'image, ce qui m'intéresse, c'est de livrer la scène aux acteurs, à leurs corps, afin qu'ils investissent concrètement et physiquement tous les désirs, toutes les pulsions et tous les empêchements qui constituent le théâtre de Marivaux.
Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

Représentations ATP : Salle Emilien Ventre-ROUSSET
le 6 Décembre 2009, 20H30


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