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LA JEANNE DE DELTEIL


De : Joseph Delteil
Mise en scène par Christian Schiaretti (TNP)
Avec Juliette Rizoud
spectacle à 21h
durée 1h30


L'ESPRIT DU THÉÂTRE

Rencontre le Mardi 15 février 2011
à 18h30
au Théâtre des Ateliers
avec Audrey Laforce,
collaboratrice artistique de Christian Schiaretti.
Audrey Laforce animera l'atelier public
du mardi du Théâtre des Ateliers
Séance ouverte au public

(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre)


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La pièce
On veut jouer avec elle. Delteil balaie d’un seul mouvement la question de la réelle existence de Jeanne d’Arc. Il nous emplit d’une certitude : elle vit. Elle est devant nous. La voilà : « La fille belle des victoires .» On est fasciné. Chacun au fond de soi est satisfait, car le peuple veut croire en la jeune paysanne rejetant « les calculs mous comme du fromage » et avec qui il faut toujours dire « évidemment »… De la naissance au bûcher, les grands événements nous sont rapportés, non du point de vue historique, mais de celui du coeur, de l’organe central, du muscle qui bat et impose son rythme. Tout naturellement, la mise en scène suit le même schéma que le texte. Le spectacle va se constituer sous nos yeux. Une actrice seule prend possession d’un plateau nu. La vraie nudité, pas celle de l’absence, du dépouillement, mais de l’abandon. Une femme entre dans un théâtre en repos. Seule la servante est allumée. La scène ressemble à celle de tous les théâtres du monde. Sont posés là l’échelle pour les lumières, les élingues pour les cintres, le balai pour le plateau, les chariots pour transporter le matériel, bref, les outils naturels du théâtre. Confiante en la force du verbe, il suffira à l’actrice de parler pour que la chose existe. Pleine de foi en son art, l’artiste, folle de liberté, baptise à qui mieux mieux : tire une table, grimpe dessus, et voilà le beau cheval offert par Charles VII ! Alignant scrupuleusement des pieds de projecteurs, c’est toute l’armée vivante dont elle prend le commandement qui surgit ! Joie naïve. Cette générosité théâtrale parle à chacun. Elle entretient la force de l’illusion.
Jean-Pierre Jourdain


Juliette Rizoud

Juliette Rizoud a suivi les cours de l’École préparatoire de la Comédie de Saint-Étienne dans les classes de Louis Bonnet, Éric Massé, Jean-Pierre Laurent… Elle a également étudié la danse contemporaine avec Irina Radkiewitch (ancienne soliste des Ballets Roland Petit). En 2004, elle entre à l’ENSATT dans la 66e promotion. Elle y travaille avec Jerzy Klesyk, Christian Schiaretti, Philippe Delaigue, Guillaume Delaveau, Simon Delétang, Olivier Maurin, Giampaolo Gotti, sur des œuvres de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, William Shakespeare, Anton Tchekhov, Jean Racine, Francis Scott Fitzgerald, Oriza Hirata ainsi que sur des textes d’écrivains de l’ENSATT. Hors de l’ENSATT, elle a joué dans Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène Éric Massé, Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, mise en scène Vincianne Regattieri, et dans Vies, ballet contemporain de Thierry Thieû Niang. Depuis le début de la saison 2007-2008, elle fait partie de la troupe permanente du TNP et a été dirigée par Christian Schiaretti dans Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, Par-dessus bord de Michel Vinaver, Le Dépit amoureux; L'Étourdi ou les contretemps de Molière et par Nada Strancar dans La Fable du fils substitué de Luigi Pirandello. Elle joue également dans L’Extravagant Monsieur Jourdain de Mikhaïl Boulgakov, mise en scène Grégoire Ingold.





Christian Schiaretti, metteur en scène


Après des études de philosophie, Christian Schiaretti embrasse le théâtre. Fin des années 70, auditeur libre au Conservatoire National Supérieur de Paris, il assiste aux classes de Régy et Vitez. Pour gagner sa vie, il est coursier au Festival d'Automne.
De sensibilité communiste, le jeune homme éprouve du respect pour son directeur, Michel Guy, un grand bourgeois cultivé qui soutient la ligne artistique des "maisons rouges" (TGP Saint-Denis, MC Bobigny, CDN Gennevilliers). Au Festival d'Automne, Schiaretti découvre le travail de Brook, de Kantor, des avant-gardes américaines, tout en dévorant les textes d'Aragon, Corneille, Kateb Yacine, Brecht, Péguy. Avec Robert Cantarella, il fonde bientôt le théâtre du Quai de la Gare dans le XIIIe arrondissement de Paris où il crée Ariakos, un texte de Minyana.
Intello mais fort habile de ses doigts, Schiaretti s'y connaît côté patine, électricité et menuiserie. Il "fabrique" le théâtre de l'Atalante, une micro-salle de théâtre Il y dirige la muse du lieu, Agathe Alexis, dans Rosel d'Harald Mueller, un diamant noir théâtral joué des centaines de fois à Paris et en tournée nationale.
En 1989, il crée Léon la France de Philippe Mercier. Contrairement à ses jeunes confrères parisiens, il croit aux missions décentralisatrices du Théâtre public. En 1991, il prend la direction du CDN de Champagne-Ardennes qu'il rebaptise Comédie de Reims. En 1994, il est élu président du Syndeac (Syndicat national des directeurs d'Action Culturelle).
A Villeurbanne, dans les années 2000, la succession au TNP est à l'ordre du jour. Catherine Trautmann, ministre de la culture, approche Schiaretti pour succéder à Roger Planchon. On ricane dans les cercles branchés, car il ne fait alors pas partie des artistes en vogue. Schiaretti n'est pas "moderne", avec sa passion obsolète de la poésie, ou sa mise en scène néo-brechtienne de Mère Courage. Il est choisi en 2002 par la ministre. Il constitue au TNP une troupe qui rassemble une dizaine de jeunes comédiens issus de l'Ensatt dont il est professeur.
Il crée en 2005, Père de August Strindberg et L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel. En 2006, à l'invitation de Théâtre Ouvert, il met en espace Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche de Hervé Blutsch. En novembre 2006, Christian Schiaretti monte pour la première fois une œuvre de William Shakespeare, Coriolan. Cette pièce, reprise en tournée au Théâtre Nanterre-Amandiers en 2008, a reçu le Prix Georges-Lerminier 2007, décerné par le Syndicat professionnel de la Critique au meilleur spectacle créé en région et le Prix du Brigadier 2008.
En mars 2007, il crée avec les comédiens de la troupe du TNP, trois comédies de Molière, Sganarelle ou le Cocu imaginaire, L'École des maris, Les Précieuses ridicules. En novembre il ajoute à ce répertoire, La Jalousie du Barbouillé et Le Médecin volant et en février 2009, Le Dépit amoureux, L'Étourdi ou les contretemps.
Avec Jean-Claude Malgoire il réalise, en automne 2007, Nada Strancar chante Brecht/Dessau. En mars 2008, il a créé Par-dessus bord de Michel Vinaver, jouée pour la première fois en France dans sa version intégrale. Pour cette mise en scène il reçoit le Grand Prix du Syndicat de la Critique, pour le meilleur spectacle de l'année 2008.
Christian Schiaretti est Président des Amis de Jacques Copeau et de l'Association pour un Centre Culturel de Rencontre à Brangues qui pose la question de la poésie dramatique au travers de l'exégèse, la transmission, l'élaboration des textes inouïs.


Représentations ATP : Théâtre des Ateliers
le 15 Février 2011, 21H00
le 16 Février 2011, 21H00
le 17 Février 2011, 21H00


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