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LA MAISON DE POUPÉE & HEDDA GABLER


De : Henrik Ibsen
Mise en scène par Daniel Véronèse
Avec Maison de Poupée:
Nora : Maria Figueras
Helmer : Carlos Portaluppi
Christina : Mara Bestelli
Krogstad : Marcelo Subiotto
Docteur Rank : Ana Garibaldi

Hedda Gabler
Hedda : Silvina Sabater
Tesman : Claudio Da Passano
Mme Esveld : Elvira Onetto,
Conseiller Brack : Aldo Barbero
Lovborg : Marcelo Subiotto

spectacle à 20h00
durée de chaque spectacle 1h15



L'ESPRIT DU THÉÂTRE




(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)




LE DÉVELOPPEMENT DE LA CIVILISATION À VENIR
EL DESARROLLO DE LA CIVILIZACION VENIDERA
De Daniel Veronese
Une version de Une maison de poupée de Henrik Ibsen

Nora de la « maison de poupée » est une femme jeune, d'apparence insouciante, dont le mari grimpe dans l'échelle sociale. Celui-ci la considère comme une enfant faisant partie de sa panoplie d'homme qui a réussi. Par amour et dévouement pour lui, elle commet quelques maladresses dont elle est sûre qu'il ne lui tiendra pas rigueur. Mais elle découvre que sa réputation professionnelle est plus importante que son amour pour elle, ce qui la rend lucide et déterminée à ne plus accepter ce statut de poupée écervelée.Avec : Maria Figueras (Nora), Carlos Portaluppi (Helmer), Mara Bestelli (Cristina), Roly Serrano (Krogstad), Ana Garibaldi (Docteur Rank)







TOUS LES GRANDS GOUVERNEMENTS ONT ÉVITÉ LE THÉÂTRE INTIME
TODOS LOS GRANDES GOBIERNOS HAN EVITADO EL TEATRO INTIMO
De Daniel Veronese
Une version de Hedda Gabler de Henrik Ibsen

Hedda est mariée à un historien qui attend sa nomination à un poste important lui assurant enfin la stabilité financière qu'il souhaite offrir à son épouse. Mais elle s'ennuie profondément avec cet homme qu'elle n'aime pas, et lorsqu'elle apprend que c'est l'homme qu'elle a toujours aimé qui occupera le poste convoité par son mari, elle n'a qu'une envie : le détruire pour se venger de son propre échec.




Note d'intention
Dès le commencement de mon travail, j’ai non seulement modifié le texte mais aussi joué avec les attentes du public vis-à-vis de ces pièces. Pour affirmer ma démarche, je me suis appuyé sur mon opinion personnelle et subjective : il m’est apparu avec d’autres adaptations que le passage du temps rendait nécessaire une révision du texte pour le porter à la scène. Ibsen est un auteur d’idées concrètes et révolutionnaires pour son temps mais les idées qui furent révolutionnaires peuvent s’avérer caduques.
Ce qui m’a d’autant intéressé dans ces pièces c’est qu’elles ont toutes deux des profils dramatiques très concrets, de magnifiques personnages pour les acteurs et des structures parfaitement construites pour mener au dénouement. La tâche débute par un premier travail qui cherche peu à peu des voies d’approche vers un niveau plus subtil et personnel. Je cherche des formes et des sentiments, des contenus et des trappes qui peuvent porter le texte jusqu’à ce que j’appelle ma « sphère personnelle et quotidienne ». Ce n’est pas une formule mais plutôt un procédé qui apparaît avec la nécessité de trouver la vérité dans chaque phrase, chaque mot ou situation. Pour que ce travail soit le plus léger et porteur possible j’ai besoin d’un groupe avec qui je m’entende rapidement et dont le acteurs recherchent bien évidemment la même chose que moi. Au moment de choisir les acteurs, je tiens compte de plusieurs conditions fondamentales ; je dois aimer la façon dont ils travaillent mais ce qui est aussi d’une importance primordiale est qu’ils puissent affronter le travail en équipe. Le résultat final doit être une addition invisible de chacun de nous tous. Tout ce qui n’est pas dit ni advenu entre les corps des acteurs, très souvent, ne me paraît pas nécessaire.
Théâtralement parlant, je commence à connaître la pièce quand l’étape des répétitions commence. Je choisis une pièce par intuition, sachant que quelque chose se passera lors de la dissection. Il s’agit de ré-inscrire la fiction dans un espace où il est toujours très difficile de créer des atmosphères fictionnelles puissantes et avec la référence à l’oeuvre de Bergman dans ma version d’Une Maison de poupée, il faut intertextualiser en tant que jeu dramaturgique, et produire un court circuit temporel chez le spectateur. Ces choix me permettent également de chercher des états de suspension momentanés. Le point de départ est toutefois le texte appris par les acteurs que j’ai choisi et leurs envies. Il y a des référents, des procédés et des décisions déjà installés dans ma façon de produire et de créer mais je n’en suis pas trop conscient et je ne cherche pas à l’être jusqu’à l’apparition de la première difficulté.
Chaque pièce est presque comme la « première » par rapport à la difficulté qu’elle peut représenter pour moi. C’est étrange mais je me sens fort dans l’inconnu et il m’est aussi difficile de planifier qu’il m’est plaisant et facile de trouver une solution dans l’immédiat. J’ai repris la même scénographie pour chacune des deux pièces Maison de poupée et Hedda Gabler parce qu’elles allaient être présentées l’une après l’autre et que c’était plus pratique et moins coûteux. En l’occurrence, Mariana Chaud m’a cédé la scénographie de Budin Ingles réalisée par Ariel Vaccaro. Mon idée était de pouvoir l’utiliser comme elle était, sans grands changements mais j’ai dû la modifier pour pouvoir l’adapter aux lieux où elle sera montée et tout a commencé à fonctionner de manière chaleureuse.
Daniel Veronese



LE BLOG DU "MONDE"

Invité à la MC93 de Bobigny, dans le cadre du festival Standard Idéal, l’argentin Daniel Veronese revisite deux pièces d’Ibsen en version latine et délurée : La Maison de poupée, et donc Hedda Gabler. Est-ce dû au pouvoir de la langue ? Dans son adaptation libre du texte norvégien, ici traduit en espagnol, Veronese confère une étonnante « chaleur » (c’est son mot) à cette terrible femme que la vie ennuie et que la mort passionne. Dans le court spectacle de Veronese (1h15 contre 2h30 pour une mise en scène « habituelle » du texte), les choses vont à toute allure, comme dans une comédie. L’héroïne Gabler a beau être suicidaire, sa désinvolture la rend à la fois drôle et vivante. Chaleureuse, aussi, décidément ; comme le décor. Celui-ci est recyclé d’un autre spectacle, nous apprend Veronese dans sa note d’intention. Il est d’ailleurs doublement recyclé, puisque réutilisé aussi bien pour Hedda Gabler que pour la Maison de Poupée. Triplement, même, puisque dans l’adaptation de l’argentin, Hedda et son époux sont provisoirement installés dans un décor de théâtre qu’on leur a “prêté”. Murs jaunes soleil, carreaux bleus ciel dans la cuisine… on se croirait dans une telenovela, ces feuilletons en carton pâte dont raffole l’Amérique Latine.



Tout cela est ludique, mais quel intérêt pour la pièce, direz-vous ? C’est que toutes ces entorses sont étonnamment fidèles à l’esprit d’Ibsen. Mieux : elles l’éclairent parfois. Dans ce décor crasseux, avec ses petits pistolets qui ne font pas peur, la belle Hedda Gabler semble plus que jamais habiter un monde creux, où chaque chose n’est qu’accessoire. Chaque chose et chaque être, puisqu’ici, dans ce décor qui s’exhibe comme tel, la femme joue également les metteurs en scène, orchestrant les entrées et les sorties d’acteurs. « Lovborg sort », « Brack sort », lance-t-elle quand elle en a assez d’eux. Tout comme elle sait convaincre Lovborg (et ça, c’est dans le texte) de se donner la mort lorsqu’elle veut l’éliminer après avoir brûlé son manuscrit.



C’est ainsi: avec sa franchise bien plus efficace que la majestueuse version d’Huppert, Veronese fait apparaître certaines vérités. A commencer par celle-ci: il y a une profonde proximité entre l’homme de théâtre et son héroïne; entre Ibsen et son Hedda Gabler qu’il inventa dans ses vieux jours (à 62 ans), après avoir exploré l’âme féminine tout au long de son œuvre. De fait, la comédienne qui joue le rôle titre, Silvina Sabater, exhibe un visage marqué par le temps, qu’aucun maquillage n’est venu lisser. Cette femme qui, dans la pièce originale, vient à peine de se marier et de tomber enceinte, paraît ici approcher la soixantaine -l’âge d’Ibsen lorsqu’il écrivit ce texte. L’audace est déroutante, mais elle rend bien justice au poète norvégien qui, du Canard Sauvage à la Maison de Poupée, sut si bien se glisser dans la peau des femmes.

Représentations ATP : Théâtre du Bois de l'Aune
le 22 Mars 2011, 20H00


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