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JOURS SOUTERRAINS


De : Arne LYGRE
(traduction Terje SINDING)
Mise en scène par Jacques VINCEY
Avec Jean-Claude JAY, Sabrina KOUROUGHLI, Anne SÉE et Benjamin WANGERME
spectacle à 20h30
durée 1h25



(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)

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L'Esprit du théâtre
Rencontre entre Jacques Vincey, metteur en scène et Michel Terestchenko,
Maître de conférences de philosophie à l'université de Reims et à l'IEP d'Aix-en-Provence,
et auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique.
Lundi 30 janvier 2012 à 18h30
Studio Farber, Pavillon noir, 530 avenue Mozart, Aix-en-Provence
Entrée libre dans la limite des places disponibles


Représentation de Jours souterrains
Lundi 30 janvier 2012 à 20h30
Théâtre du Pavillon noir, 530 avenue Mozart, Aix-en-Provence
Entrée par la Cité du Livre


Quatuor.
Jours souterrains parle d'une maison et de son propriétaire, un homme riche qui use de ses biens pour capturer des personnes qui, selon lui, ont besoin de son aide pour se remettre sur pied. Le régime auquel ils sont soumis est strict et rigoureux, mais limité dans le temps : un jour dans le futur, ses captifs pourront être relâchés. Dans la maison vivent une femme, qui y habite depuis plus d'un an, une fille, qui y est depuis quelques mois, et un garçon qui vient d'arriver.
Le propriétaire fait ainsi le choix de méthodes extrêmes pour aider les autres : ceux qu'il capture devront en subir les conséquences. Privés de l'identité qu'ils avaient jusqu'alors, il leur faut en reconstruire une nouvelle."
Arne Lygre

Séquestration de trois personnes par le Propriétaire de la maison, pour les sauver du naufrage.
Pour écrire leur histoire et donner sens à la sienne.
Tentative désespérée de saisir une réalité, réelle ou imaginaire.
Les personnages écrivent leur histoire en direct, en la vivant sur le plateau. Ils n’existent que par ce qu’ils racontent d’eux-mêmes. (…) Un monde clos mais poreux où suinte la férocité du monde extérieur. Un monde aux confins de la barbarie où l’on s’efforce de reconstruire une nouvelle humanité.
Jacques Vincey

L’écriture sobre mais violente du norvégien Arne Lygre emporte le spectateur dans un monde de doutes et de surréalisme. Pour Jacques Vincey, il s’agit d’inventer une forme scénique pour cette écriture qui déstabilise.





Entretien avec Jacques Vincey

Comment avez-vous découvert le texte de Jours souterrains d'Arne Lygre et pourquoi avez-vous eu envie de le mettre en scène ?
Il y a trois ans, la maison d'édition théâtrale, L'Arche, m'a fait parvenir quelques textes d'auteurs contemporains inédits. La lecture de Jours souterrains, m'a provoqué une impression aussi forte que celle que j'avais pu ressentir à la lecture de Mademoiselle Julie, de Madame de Sade et de La nuit des rois. Je retrouvais dans cette pièce écrite en 2006 par un jeune auteur norvégien, les thématiques qui sous-tendaient déjà mes trois précédents spectacles, mais ancrées cette fois dans notre réalité d'aujourd'hui et restituées dans une écriture théâtrale tout à fait nouvelle. Comme ses prédécesseurs, Arne Lygre traite de la difficulté à vivre dans le cadre de règles communément admises et de la nécessité d'échapper à l'apathie d'un monde dont les valeurs s'effritent. Son intrigue s'inscrit dans le contexte des affaires de séquestration régulièrement relayées par les médias ces dernières années : le personnage principal enferme successivement dans sa maison deux femmes et un jeune garçon pour les « sauver » dit-il, d'une déchéance à laquelle il les estime inéluctablement promis. Derrière la brutalité de la situation, Lygre tisse une réflexion subtile et profonde sur les rapports de ces êtres contraints de s'inventer une histoire commune pour survivre dans un monde clos mais poreux, où suinte la férocité du monde extérieur. Dans cet univers confiné, les rapports de dépendance, de soumission et de domination sont remis en cause pour tenter de reconstruire une nouvelle humanité. En filigrane de la fable, affleurent des questions philosophiques: qu'est ce qui est vrai ? qu'est-ce qui est imaginaire ? le réel, c'est ce qui se passe dans la tête des gens ? ou seulement la matérialité des faits ? jusqu'où peut-on aller dans son désir de façonner le monde à son image ?…

Le style de cet auteur est simple, l'écriture sobre mais violente. Comment comptez-vous rendre compte de cette écriture sur un plateau ?
Les personnages de la pièce s'expriment à la première et la troisième personne. Ils racontent et sont racontés. Ils disent l'extérieur et l'intérieur, le conscient et l'inconscient, la réalité et le fantasme, le visible et l'invisible… Cependant, rien n'est pénible ni appuyé. Et beaucoup de choses restent tues. La pièce, comme la vie elle-même, se développe de manière multiple, surprenante. Elle n'impose rien. Elle propose un arsenal de possibles. Les phrases sont courtes, le langage concret. Il y aussi tout un travail musical dans les rythmes, les reprises de mots, les phrases qui reviennent. Une forme reste à inventer pour restituer cette écriture qui déstabilise, trouble le déroulement linéaire du récit et nous touche de façon subliminale, c'est à dire au-delà ou en-deçà de la compréhension claire des choses. Notre travail doit donc donner à voir, mais par invitation. On doit procéder par appel, par suggestion parce que chaque fois qu'on accomplit une image ou qu'on ferme le sens, on reste en dessous du potentiel du texte et de la capacité du spectateur à se l'approprier.

De nouvelles collaborations sont venus étoffer votre équipe artistique. Pouvez-vous nous présenter vos nouveaux et fidèles compagnons ?
Chaque projet est l'occasion de prolonger le travail avec d'anciens collaborateurs, et de s'ouvrir à de nouvelles rencontres. Parmi les acteurs, je retravaillerai avec Anne Sée qui jouait Madame de St Fond dans Madame de SADE, mais aussi avec Jean-Claude Jay, Sabrina Kouroughli et Benjamin Wangermé. Je suis heureux de rassembler sur ce spectacle ces grands acteurs aux parcours si différents.
Mathieu Lorry-Dupuy avait déjà conçu la scénographie du Banquet de Platon que j'ai créé au printemps dernier à la Comédie Française.
Ma collaboration s'enrichit et s'approfondit de spectacle en spectacle avec Marie-Christine Soma (lumières), Claire Risterucci (costumes), Alexandre Meyer et Frédéric Minière (musique et sons) qui ont participé à toutes mes dernières créations.

Jusqu'à présent, comment avez-vous abordé le texte avec les comédiens ?
Ce qui est intéressant lorsqu'on s'attaque à une écriture nouvelle, c'est de voir comment elle réagit. On a une impression, on va chercher dans un sens. Et puis on va être surpris parce qu'on va découvrir, on va découvrir de nouvelles portes qui vont nous permettre d'explorer de nouvelles pistes... Nous devons aussi travailler ce que le texte ne dit pas. Notre marge d'action, d'accompagnement se situe dans les interstices du texte. Il faut habiter ce qui n'est pas dit. Les plages de silence, par exemple.
Notre approche est empirique. Nous abordons ce texte avec humilité et sans à priori. Notre enjeu est de faire résonner cette écriture dans son foisonnement et son instabilité, et de déployer un spectre d'interprétation qui ouvre à d'autres perceptions et appréhensions du tangible.

Côté scénographie, quels vont être vos partis pris de mise en scène pour rendre compte de cette histoire ?
La difficulté principale à laquelle nous avons été confrontés avec le scénographe, a été de créer un support de jeu aux acteurs et à l'imaginaire des spectateurs, sans s'enfermer dans une représentation qui réduirait la portée de la pièce. En effet, les changements de temps et d'espace sont dits mais restent invisibles, comme dans les rêves ou les cauchemars. Les personnages « glissent » d'une pièce à une autre, d'un étage à l'autre, d'une piscine, à un bunker ou à une pièce vitrée…
Il nous fallait créer un espace mental, parcouru de vibrations sensorielles. La lumière jouera un rôle essentiel dans ce dispositif, ainsi que le son et la musique, dont on sait combien ils peuvent modifier notre perception du réel.





ARNE LYGRE
Arne Lygre est un dramaturge norvégien né à Bergen en 1968. Il est l’auteur de six autres pièces, de deux romans et d’une série de nouvelles. A 30 ans, il a écrit sa première pièce Maman et moi et les Hommes (Les Solitaires Intempestifs). Claude Régy a mis en scène en 2007 à l’Odéon, Théâtre de l’Europe, Homme sans but (L’Arche). En 2011-2012, Stéphane Braunschweig créera I Disappear, et également Jours souterrains.
Arne Lygre a reçu le Grand Prix du Livre Norvégien en 2004 pour ses nouvelles et le “Mads Wiel Nygaard Literary Award” pour l’ensemble de son oeuvre en 2010.




JACQUES VINCEY
Comédien, il joue au théâtre sous la direction de Patrice Chéreau, Bernard Sobel, Robert Cantarella, Luc Bondy, André Engel, Gabriel Garran, Laurent Pelly, Hubert Colas, etc... En 1995, il fonde la Compagnie Sirènes et met en scène notamment Le Belvédère de Horvath, Jours de France de Frédéric Vossier, Mademoiselle Julie de Strinberg, La Nuit des Rois de Shakespeare, Madame de Sade de Mishima, Le Banquet de Platon. Cette saison, il met en scène Les Bonnes de Jean Genet, et à la Comédie française Amphitryon de Molière.



ILS EN PARLENT

Etrange huis clos
Avec rigueur, la mise en scène de Jacques Vincey accompagne au plus près les contours des protagonistes de cet étonnant quatuor, en alternant les variations de rythme et de jeu à même de faire ressentir les fluctuations et les désarrois de leurs pensées et de leurs espérances. Dans l’espace nu semi-circulaire de Mathieu Lorry–Dupuy et sous les fines lumières de Marie-Christine Soma, qui offrent un climat adapté à la représentation, les quatre très bons comédiens Jean-Claude Jay, Anne Sée, Sabrina Kouroughli, Frédéric Giroutru, parviennent à rendre palpables et inquiétantes les inflexions ce texte, dont la découverte marque les esprits.
Webthéa

Rares sont les auteurs qui donnent le sentiment d'une vraie nouveauté, d'avancer résolument un pas plus loin sur le territoire de l'écriture dramatique. Arne Lygre est de ceux-ci, que l'on a découvert en France en 2007, grâce à Claude Régy, qui a mis en scène sa pièce Homme sans but. Depuis, les textes minimalistes et profonds de ce géant norvégien de 43 ans ne cessent d'intriguer, de dérouter et de séduire : en France, Jacques Vincey a mis en scène Jours souterrains, Jean-Philippe Vidal Maman et moi et les hommes.
"MOI, C'EST QUI ?"
Comme beaucoup d'autres auteurs nordiques de sa génération, Arne Lygre est plus imprégné par la bande dessinée, la science-fiction ou le cinéma d'action que par la tradition théâtrale, et il est sans doute le premier dramaturge à inscrire au cœur du théâtre les glissements profonds et intimes opérés sur les êtres par la perte de réalité du réel lui-même, dans notre monde.
Fabienne Darge Le Monde novembre 2011

Jacques Vincey, qui poursuit décidément un parcours d'une cohérence remarquable, présente également sa mise en scène de Jours souterrains, d'Arne Lygre, au Théâtre du Nord, à Lille, du 21 au 27 janvier (et à Aix en Provence le 30 janvier). Encore un huis clos à la réalité tissée de fantasmes.
Fabienne Darge Le Monde janvier 2012

Arne Lygre est un jeune auteur norvégien que je tiens pour l’un des plus étonnants qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps. Avec un langage d’une extraordinaire simplicité, Lygre a le don de donner vie à des personnages fascinants, à la fois banals et mystérieux, à la fois vous et moi et ni vous ni moi. Ciselées comme des partitions de musique contemporaine, ses pièces donnent pourtant la sensation qu’elles sont en train de s’écrire devant nous, comme si les personnages “improvisaient” et cherchaient tout autant comment vivre les situations complexes et essentielles dans lesquelles ils sont plongés qu’à formuler ce qu’ils sont en train de vivre. Un grand théâtre existentiel, en ce sens qu’il nous incite comme spectateurs à nous questionner sur nos propres existences. Jours souterrains est une pièce qui nous avait tous enthousiasmés au sein de notre groupe de réflexion sur les écritures contemporaines.
Stéphane Braunschweig Théâtre National de la Colline

Chez Lygre aucun didactisme. Par la seule lumière du faux-semblant il invente une poésie — et cela sans aucune littérature. Il est l’inventeur particulier d’une poésie sans phrases. Lire Arne Lygre, c’est une jouissance. La jouissance la plus forte, celle de la perversité. Simplement Arne Lygre nous retire — retire du monde — toute stabilité.
Claude Régy à propos de l’Homme sans but

www.sirenes.fr

La compagnie Sirènes et Jacques Vincey ont présenté aux ATP d'Aix
Le Belvédère d'Ödon Von Horvath (11 et 12 Avril 2006) au Théâtre Antoine Vitez
Mademoiselle Julie d'August Strindberg (29 janvier 2008) salle Emilien Ventre à Rousset
Madame de Sade de Mishima (10 Mai 2010) au Pavillon noir



Accueil en coréalisation avec le Pavillon noir


L'Esprit du théâtre
Rencontre entre Jacques Vincey, metteur en scène et Michel Terestchenko,
Maître de conférences de philosophie à l'université de Reims et à l'IEP d'Aix-en-Provence,
et auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique..
Lundi 30 janvier 2012 à 18h30
Studio Farber, Pavillon noir, 530 avenue Mozart, Aix-en-Provence
Entrée libre dans la limite des places disponibles


Représentation de Jours souterrains
Lundi 30 janvier 2012 à 20h30
Théâtre du Pavillon noir, 530 avenue Mozart, Aix-en-Provence
Entrée par la Cité du Livre

réservations par téléphone (répondeur) au 04 42 26 83 98

Représentations ATP : Pavillon Noir
le 30 Janvier 2012, 20H30


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Pour toute remarque ou suggestion, merci d'envoyer un mail à : ATPaixenprovence@aol.com

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