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LES SUPPLIANTES


De : Eschyle
Mise en scène par Olivier Py
Avec Mireille Herbstmeyer - Philippe Girard - Frédéric Giroutru

LES DATES :

Mercredi 5 Juin - 15h - Pavillon Noir - Aix en Provence

Mercredi 5 Juin - 20h - Salle Yves Montand - Saint Cannat

Mardi 11 Juin - 15h - Pavillon Noir - Aix en Provence

Mardi 11 Juin - 20h - Centre Social Les Amandiers - Aix en Provence

Pour réserver
téléphone : 04 42 26 83 98
courriel : atpaixenprovence@wanadoo.fr
billetterie en ligne MarseilleProvence2013
billetterie en ligne
et sur place dans les offices de tourisme de la capitale culturelle (Aix, Marseille, Arles,...)



(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)
Prix des places :
tarif normal : 10€
tarif réduit : 5€ (scolaires, étudiants, demandeurs d'emploi, bénéficiaires des minima sociaux, intermittents)

durée 55'



Esprit du Théâtre
Le théâtre comme héritage
rencontre avec
Dimitris Dimitriadis et Daniel Loayza
Salle des mariages - Hôtel de ville - Aix en Provence
Lundi 10 juin à 19h
entrée libre dans la limite des places disponibles



LES SUPPLIANTES d’ESCHYLE


On s’accorde aujourd’hui à reconnaître dans les Suppliantes la plus ancienne pièce d’Eschyle. La simplicité de l’action, la prédominance du choeur, qui joue le principal rôle, et l’étendue de la partie lyrique prouvent que la tragédie, sortie du dithyrambe, en était encore à son berceau. La pièce débute par un choeur où les cinquante filles de Danaos expriment leur aversion pour le mariage auquel leurs cinquante cousins, fils de leur oncle Égyptos, prétendent les contraindre. Pour y échapper, elles se sont enfuies de l’Égypte pour se réfugier à Argos, pays de leur aïeule Io, qui, aimée de Zeus et poursuivie par la jalousie d’Héra, s’était enfin arrêtée en Égypte, où elle avait eu du dieu un fils, Épaphos, ancêtre des rois d’Égypte. Le roi du pays, averti de leur arrivée, vient les interroger. Elles lui font reconnaître leur origine et leur parenté avec les Argiens et lui demandent sa protection. Il hésite à l’accorder, dans la crainte d’avoir à soutenir une guerre avec les fils d’Égyptos ; mais elles invoquent avec insistance les droits de l’hospitalité, et le roi, après avoir consulté son peuple, se décide à les défendre. Sur ces entrefaites, arrive un héraut, qui veut s’emparer d’elles de vive force, lorsque le roi vient à leur secours et renvoie fièrement le héraut, qui, en se retirant, le menace de la guerre. La pièce se termine par les actions de grâces des Danaïdes et par un court dialogue avec leurs servantes, qui les désapprouvent et laissent entendre qu’Aphrodite pourrait bien prendre sa revanche sur elles. Cette fin des Suppliantes semble bien annoncer que la pièce n’est que le prélude d’une action qui embrasse toute la légende des Danaïdes, le meurtre des cinquante Égyptiades, à l’exception de Lyncée, épargné par Hypermestre, et la vengeance d’Égyptos, tous événements racontés dans une épopée en six mille vers, intitulée les Danaïdes, qui semble dater de la première moitié du vie siècle, et où Phrynichos avait sans doute, avant Eschyle, puisé le sujet de ses Danaïdes, et où Eschyle lui-même a sans doute pris aussi le sujet de son drame. Les Suppliantes sont en effet la première pièce d’une trilogie, qui se continuait par une seconde intitulée les Égyptiens et une troisième intitulée les Danaïdes, le tout complété par un drame satirique, Amymone. Ces trois titres figurent en effet dans la liste des ouvrages d’Eschyle.



Pour être simple, la pièce des Suppliantes n’en offre pas moins un très vif intérêt. Sans doute, il n’y a pas d’intrigue proprement dite pour exciter la curiosité, mais l’action n’en progresse pas moins par les incidents qui se succèdent et qui tiennent les Danaïdes dans les alternatives d’un sombre désespoir ou d’une joyeuse espérance. Et tout y est peint d’une manière si vive qu’on tremble ou qu’on se réjouit avec elles et qu’on attend comme elles le dénouement avec une impatience croissante.



Les caractères non plus ne manquent pas de relief. C’est d’abord celui deces femmes affolées à la pensée d’un hymen qui leur est odieux, caractère insuffisamment expliqué pour un lecteur moderne, mais si frappant et si poussé à l’extrême qu’on oublie l’invraisemblance d’un tel état d’esprit. C’est ensuite celui du sage Danaos qui leur conseille la modestie et la prudence. C’est surtout ceux du héraut insolent et brutal et du roi circonspect, qui craint d’engager son peuple dans la guerre, mais qui, une fois sa résolution prise, traite avec une fierté hautaine l’insolent Égyptien.
Enfin on trouve déjà dans les Suppliantes toutes les qualités du grand maître de style que fut Eschyle : la vigueur, la concision, la magnificence des expressions, l’originalité d’images grandioses et inattendues que les copistes, qui avaient peine à les comprendre, ont estropiées dans les manuscrits ; parfois aussi une grâce et une délicatesse qu’on est surpris de trouver chez cet artiste sublime qui aspire sans cesse à la force et à la grandeur.


ESCHYLE

Né vers 525 av. J.-C. et mort en 456, Eschyle est un poète tragique grec, considéré comme le véritable créateur de la tragédie ; il aura comme successeurs Sophocle et Euripide. On ne connaît pas sa vie en détails, mais on sait qu'il participe aux batailles de Marathon (en 490 av. J.-C.) et de Salamine (en 480 av. J.-C.), au cours desquelles les Grecs remportent la victoire sur les Perses. On sait aussi que ses tragédies, représentées à partir de 500 av. J.-C., remportent un tel succès que leur auteur accède à une grande notoriété et que plusieurs souverains le reçoivent à leur cour. Il séjourne notamment à plusieurs reprises en Sicile, qui fait partie à l'époque de ce qu'on appelle la Grande Grèce.
Eschyle a composé des tragédies en grand nombre ; mais sur quatre-vingt-dix pièces environ, sept seulement nous sont parvenues, et nous connaissons le titre de soixante-dix-neuf d'entre elles. On peut le plus souvent les regrouper en trilogies qui traitent d'un même thème : les Suppliantes, par exemple, la plus ancienne de ses tragédies connues, a pour thème le mariage des cinquante filles de Danaos et formait une avec les Égyptiens et les Danaïdes, deux pièces aujourd'hui perdues.
Parmi celles qui nous sont parvenues, citons les Perses, datée de 472 av. J.-C., qui se déroule à la cour de la mère du roi Xerxès et qui traite le thème de la victoire de Salamine ; les Sept contre Thèbes, datée de 467 av. J.-C., dans laquelle Eschyle dépeint la lutte opposant les deux fils d'Œdipe, Étéocle et Polynice, pour s'approprier le trône de Thèbes, fait sans doute partie d'une trilogie avec deux tragédies perdues, Laïos et Œdipe et Prométhée enchaîné, cette-dernière formant elle-même une autre trilogie avec Prométhée délivré et Prométhée porte-feu, elles aussi perdues ; Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, qui datent de 458 av. J.-C., forment la trilogie de l'Orestie : leur thème est l'histoire d'Oreste, qui appartient à la famille des Atrides et qui parvient en définitive à mettre fin à la malédiction qui frappait sa lignée.
Les œuvres d'Eschyle, caractérisées par l'utilisation de dialogues, de masques et de décors, traitent toutes des thèmes mythologiques ou religieux ou décrivent les ravages de la passion. À travers elles, il expose ses idées de justice et de pitié, tout en affirmant sa croyance en une volonté divine et sa négation d'une fatalité collective : pour lui, les hommes peuvent accéder à la sagesse, mais la souffrance est un passage obligé pour atteindre ce but.



MIREILLE HERBSTMEYER

Mireille Herbstmeyer a été formée au Conservatoire National de Région de Besançon où elle rencontre Jean-luc Lagarce. Elle est l’élève de Jacques Fornier au Centre de Rencontres Théâtrales à Besançon. Elle a joué au CDN de Besançon avec Denis Llorca, au théâtre dans Cyrano de Bergerac et au cinéma dans Berthe. Depuis 1981, elle joue régulièrement dans les mises en scènes de Jean-Luc Lagarce : Hollywood, Instructions aux domestiques, Les Egarements du cœur de l’esprit, Dommage qu’elle soit une putain, Histoire d’amour, Chroniques maritales, On purge bébé !…

FREDERIC GIROUTRU

Comédien formé au Conservatoire National de Région de Grenoble où il a travaillé avec Philippe Sire, Laurent Gutmann, Laurent Pelly, Stéphane Auvray-Nauroy, Claude Degliame, Claude Régy, il intègre la classe libre de l'école Florent où il complète sa formation avec Stéphane Auvray-Nauroy, Jean-Michel Rabeux et Michel Fau.
Il joue dans l'opéra Cosi fan tutte de Mozart, mis en scène par Michel Fau, avant d'entrer au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique dans la classe de Dominique Valadié puis d'Andrzej Seweryn. Dernièrement, il a joué dans la trilogie d'Olivier Py Les Vainqueurs. Il a aussi travaillé avec Jean-Michel Rabeux, Tilly, Wajdi Mouawad et Benjamin Moreau.

PHILLIPPE GIRARD

Formé à l'Ecole du Théâtre National de Chaillot (1983-86), il a notamment travaillé avec Antoine Vitez (Hernani, Lucrèce Borgia, Le Soulier de satin, Les Apprentis Sorciers), Alain Ollivier (Le Partage de midi, À propos de neige fondue, La métaphysique d'un veau à deux têtes, Le Cid), Bruno Bayen (Torquato Tasso), Pierre Barrat (Turcaret, Le Livre de Christophe Colomb), Jean-Paul Lucet (Un bon patriote), Felix Preder (Le mariage), Eloi Recoing (La Famille Schroffenstein), Pierre Vial (La Lève de Jean Audureau), Stéphane Braunschweig (Franziska, Peer Gynt), Claude Duparfait (Idylle à Oklahoma), Benoît Lambert (Pour un oui pour un non), Sylvain Maurice (Thyeste), Jacques Falguiere (Un Roi de Giorgio Manganelli), Olivier Balazuc (Le chapeau de paille d'Italie).
De 2001 à 2005, il fait partie de la troupe permanente du Théâtre National de Strasbourg, où il joue, sous la direction de Stéphane Braunschweig, dans Prométhée enchaîné d'Eschyle, L'Exaltation du labyrinthe d'Olivier Py, La Mouette de Tchekhov, La Famille Schroffenstein de Kleist, Le Misanthrope de Molière, Brand d'Ibsen, ainsi que dans Maison d'arrêt d'Edward Bond, mis en scène par Ludovic Lagarde, Le Festin de Pierre de Molière, mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti et Titanica de Sébastien Harrisson, mis en scène par Claude Duparfait. Avec Olivier Py, il a joué dans Les Aventures de Paco Goliard, La Servante, Le Visage d'Orphée, L'Apocalypse joyeuse, Les Illusions Comiques, L'Enigme Vilar, Faust nocturne, Le Soulier de satin de Paul Claudel et L'Orestie d'Eschyle.
Au cinéma et à la télévision, il a travaillé entre autre avec Jacques Rouffio, Jean-Paul Rappeneau, Pierre Salvadori, James Ivory, Jacques Maillot, Jean-Paul Rouve, Nina Companeez, David Delrieux, B.Van Effenterre.



Une proposition d'Olivier Py

Si vous n'allez pas au théâtre, le théâtre peut parfois aller à vous ! Car le théâtre, selon Olivier Py, ne doit pas rester enfermé en lui-même. S'il est vraiment destiné à tous, s'il doit en conséquence s'ouvrir à tous, alors il est de son devoir de s'exposer, à tous les sens du terme. Le théâtre doit rester assez souple pour s'extraire de sa carapace institutionnelle et s'avancer à la rencontre de ceux et celles qui deviendront peut-être son public. Ce théâtre "hors les murs" vise un objectif simple. Il s'agit de faire le premier pas, afin d'offrir à tous les spectateurs et spectatrices qui s'ignorent peut-être une chance de rencontrer l'art de la scène sans avoir à franchir au préalable le seuil parfois intimidant d'une grande maison. A tous ceux qui ne viennent pas encore à l'Odéon, l'Odéon propose dans un premier temps d'aller à eux, sur les lieux de leur vie quotidienne. Dans l'espoir, bien entendu, de les attirer un jour sur son propre terrain, afin de les convaincre qu'ils y sont chez eux. Evidemment, les contraintes de mobilité et de montage impliquent que le travail ainsi proposé ne saurait relever de ce qu'on appelle le grand spectacle. Mais si la forme est légère, la qualité et l'exigence artistiques sont au rendez-vous. C'est donc dans cet esprit qu'Olivier Py a tenu à inscrire dans la saison 2008/09 un travail qui relève de ce qu'il appelle le "théâtre d'intervention" : une petite forme (une cinquantaine de minutes environ), invitation au voyage dramatique, pour deux comédiens et une télévision, et spécialement conçue pour être présentée dans les lycées, les foyers, les entreprises ou dans tout autre espace pouvant réunir une petite heure durant la parole et l'écoute. Après sa monumentale mise en scène de l'Orestie, le directeur de l'Odéon a souhaité puiser à nouveau son inspiration auprès du père de la tragédie grecque. Adaptée d'une oeuvre d'Eschyle, Les Sept contre Thèbes (ou comment une société se raconte la guerre en images) en dégage en termes simples et lyriques la ligne essentielle.
Pour la saison 2009/10 olivier Py a souhaité renouveler l'expérience avec "Les Suppliantes" d'Eschyle. Avec trois comédiens cette fois.




OLIVIER PY

Comédien, dramaturge, metteur en scène, -et même chanteur-, le directeur de l’Odéon (depuis mars 2007) et Olivier Py est un créateur scénique hors norme, véritable poète des planches. Il a certes le sens du drame et rien ne semble lui poser de problème. A la différence d'un Chéreau qui depuis sa Tétralogie wagnérienne, pour le Centenaire de Bayreuth (avec la baguette de Pierre Boulez, en 1976), n'a guère su se renouveler (même pour de la maison des morts et Tristan, et surtout son dernier Cosi, tous d'un statisme théâtral assez ennuyeux), Olivier Py recherche toujours,invente constamment, et trouve souvent des idées visuelles et scéniques spécifiques pour chaque production présentées. En octobre et novembre sur la scène genevoise, son cycle tripartite (Trilogie du diable) l'a démontré récemment, en particulier ses Contes d'Hoffmann, comme aussi son Tristan und Isolde, également "créé" en 2005 à Genève, et qui est repris avec force conviction vocale (ce qui était moins le cas en Suisse) à Angers, Nantes et Dijon d'avril à juin 2009. Enfin n'oublions pas aussi son Pelléas, sujet d'un film documentaire captivant "Le Chant des aveugles" (sortie dans les salle de cinéma en mars 2009), où la scansion des images, comme des flash rétrospectifs immergent le spectateur dans un monde irréel et psychanalytique purement féerique.


Au théâtre Il est né à Grasse en 1965. Olivier Py intègre l’ENSATT à Paris, avant le Conservatoire national supérieur d’art dramatique (1987), tout en suivant des études de théologie à l’Institut catholique. Très tôt, sa propre compagnie de théâtre, "L’inconvénient des boutures" adapte sur les planches ses premiers textes dont Les aventures de Paco Goliard…). L'élan mystique de son théâtre, ce questionnement permanent sur l'être, l'humain, la situation d'exister, le rapport à l'autre l'impose immédiatement parmi les créateurs et les scénographes majeurs de l'espace français, voire européen. A Avignon, ses pièces remportent un engouement qui ne s'est jamais démenti: La Servante, histoire sans fin (1995), Le visage d’Orphée (1997). Sa grand-mère chanteuse lui a révélé la beauté fascinante de l'opéra. Il s'est un temps rêvé en ténor d'opéra, écoutant et réécoutant grâce au disque les grandes voix dans les grandes oeuvres du répertoire. Il était normal qu'il arrive inévitablement à l'adaptation des oeuvres lyriques. En la rencontre s'avère bénéfique, d'une grande richesse poétique, où l'inventivité s'allie à la profondeur mystique et humaniste, sans jamais préférer la facilité du clinquant ou du strictement décoratif.


Les ATP d'Aix ont accueilli au Théâtre du Jeu de Paume, Olivier Py et Elisabeth Mazev le 2 Décembre 1993 avec "Les Drôles, un mille phrases" d'Elisabeth Mazev, mise en scène d'Olivier Py.

Représentations ATP : Aix - St Cannat -
le 5 Juin 2013, 00H00
le 11 Juin 2013, 00H00


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