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IRIS


De : Jean-patrick Manchette
Mise en scène par Mirabelle Rousseau
Avec Nicolas Cartier
Frédéric Fachéna
Matthias Girbig
Estelle Lesage
Émilie Paillard
Étienne Parc
Grégoire Tachnakian
et filmés
Marc Berman
Edouard Court
François-Xavier Phan
Mohamed Seddiki



L’auteur : Jean-Patrick Manchette
Né en décembre 1942 à Marseille, Jean-Patrick Manchette tombe très vite dans le militantisme en luttant activement contre la guerre d'Algérie puis en rejoignant, au début des années soixante, les rangs de l'extrême gauche et des situationnistes chers à Guy Debord. Passionné par le jazz (tendance free), le cinéma, le polar américain, il commence à écrire des scénarios, notamment pour Max Pecas ou pour la télévision. Il entre en littérature avec Laissez bronzer les Cadavres et L'Affaire N'Gusto et révolutionne le polar français, plus habitué, à l'époque, aux gentils gangsters qu'à la critique sociale. Il est considéré comme un précurseur du "néo-polar". Jean-Patrick Manchette a également été le traducteur de Donald Westlake et Robin Cook entre autres, il a travaillé avec des auteurs de bandes-dessinées (Jacques Tardi, entre autres, avec Griffu) ou pour le cinéma en participant à l'écriture de scénarios dans les années 1980 (La Guerre des Polices, La Crime). Il décède en juin 1995 à Paris des suites d'un cancer, laissant derrière lui une dizaine de romans et une influence prépondérante sur l'avenir du polar français.

Le roman :
Iris est son roman inachevé sur le cinéma, commencé en 1981 et abandonné en 1988, retravaillé pendant toute la décennie 80, concomitante de la fin des idéaux, de l'effondrement des systèmes, du merveilleux publicitaire. En lutte avec son sujet comme avec son temps, Manchette veut écrire sur le cinéma d’une époque révolue - les années soixante. Le corpus d'Iris contient une dizaine de versions et variations du début du même roman. Trois de ces versions sont éditées dans le Quarto Gallimard en 2005, d’autres sont conservées dans la section manuscrits de la BNF, d’autres ont été donnés par Doug Headline, le fils de Manchette. La reconstitution du roman ne peut être que partielle, mais les notes attenantes de l'auteur permettent de comprendre quelle trajectoire aurait pris le projet. Hanté par le cinéma, Iris devait être construit comme un film, les chapitres montés par « bobines ». Manchette n’aura finalement écrit que la première bobine du texte, mais à plusieurs reprises, livrant des versions plus ou moins comiques ou noires du même récit.

L’histoire d’Iris :
L’histoire d’Iris est celle d’un acteur de cinéma de seconde zone, embarqué dans un complot et embauché pour servir de sosie à un milliardaire, à l’occasion d’une fête municipale dans la province française. Lors de la fête, un attentat a lieu, commis par un conseiller municipal, avec pour cible le milliardaire ; le comédien qui le double s'en tire de justesse. Dans la suite du roman, l'acteur aurait enquêté sur les raisons de son embauche et de l'attentat.

Le spectacle (par Mirabelle Rousseau et Muriel Maguy)
« A notre tour et à ses côtés, nous enquêterons dans le temps du spectacle sur les différentes pistes du polar, cherchant à établir le mobile du tueur, les secrets du milliardaire et plus généralement le fin mot du projet d'écriture de l'auteur. Hasard ou complot, la scène de l’attentat, très cinématographique, est d’une grande violence et c’est sur elle que le texte s’interrompt, dans la version la plus aboutie du roman. L'évènement est parfois décrit en direct, ou raconté du point du vue des téléspectateurs de France 3, ou encore vu par le comédien qui se repasse le film au ralenti sur un magnétoscope pour comprendre ce qui lui est arrivé, autant de point de vue différents qui nous permettront de multiplier les niveaux du récit et de la représentation.
A travers ce roman, Manchette se demande comment le cinéma qui était un artisanat dans les années 60-70, est devenu une industrie, tandis que dans le même temps, l'espace politique est devenu un spectacle incompréhensible pour ceux qui le perçoivent à travers la télévision. Le comédien aurait découvert un lien entre son propre déclassement en tant qu’artiste et l’enrichissement du magnat qu'il aurait retrouvé, après avoir pris d'assaut son île avec un commando d'artistes, et enfin affronté dans une scène finale que nous ne pouvons qu'imaginer. La figure du milliardaire incarne le grand capital, maître du spectacle, agissant comme une force obscure, terré dans son île paradisiaque surveillée par des mercenaires et cachant, dans un bunker, des originaux de films introuvables, volés ou disparus, qu'il conserve et confisque pour son usage personnel. De l'autre côté, l'acteur cherche à comprendre au milieu du brouillard de quoi il est la victime, tout assoupi qu'il est dans sa résignation et ses renoncements de petit bourgeois.
Les différentes versions du texte que nous voulons combiner sont autant de possibilités pour la représentation. Plusieurs échelles d'écrans seront présentes pour raconter le cinéma avec le grand écran, le super 8, les écrans de montage vidéo, les écrans de contrôle, de surveillance et enfin la télévision. Nous imaginons le plateau comme un studio de tournage, de montage, mixage et post synchronisation dans lequel le spectateur sera plongé dans le laboratoire de l’écriture et assistera aux différentes versions, corrections et repentirs de ce matériau au style sec, lucide et paranoïaque. »


Représentations ATP : Théâtre Vitez
le 1 Décembre 2015, 20H30


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