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AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DE J.M. WESTON


De : Julien Mabiala Bissila
Mise en scène par Julien Mabiala Bissila
Avec Julien Mabiala Bissila
Marcel Mankita
Criss Niangouna



L’auteur : Julien Mabiala Bissila
Né en 1976 à Brazzaville au Congo, auteur, comédien et metteur en scène, Julien Mabiala Bissila suit une formation dramatique qui est interrompue en 1997 par la guerre civile du Congo, à laquelle il réchappe en vivant pendant deux années dans la forêt. À partir de 1999, il se consacre au théâtre et participe à plusieurs créations du théâtre des Tropiques et du Saka-Saka Théâtre. Il crée la compagnie Nguiri-Nguiri Théâtre en 2002, avec laquelle il est régulièrement invité sur les scènes et festivals africains. Il met en scène ses textes Le Musée de la honte, La Dernière chance ainsi que des textes d’Emmanuel Dongala adaptés à la scène.
En 2005, il est accueilli par le théâtre du Vieux-Colombier dans le cadre du programme « Écritures d’Afrique » et, en 2009, comme comédien par le Théâtre des Bernardines à Marseille pour la création d’un texte d’Aristide Tarnagda On ne payera pas l’oxygène par Eva Doumbia. Une première lecture de Crabe rouge a été réalisée à Marseille par Eva Doumbia. La pièce a ensuite été lue à Paris au Théâtre du Rond-Point et à Limoges dans le cadre des Nouvelles Zébrures 2010, à Montréal au festival Dramaturgie en Dialogue, puis mis en espace en Allemagne par le théâtre de la ville de Saarbrüken. Son texte Au nom du père, du fils et de J.M. Weston primé aux Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2011 a été lu au Festival d’Avignon 2013 en collaboration avec RFI et France-Culture. Julien Bissila est accueilli aux 30es Francophonies en Limousin, à l’automne 2013, avec la création de Crabe rouge, qu’il met en scène et Imagine une commande d’écriture pour le projet Cahier d’histoires #3, mise en scène Philippe Delaigue.
En mars 2014, il est en résidence à La Friche la Belle de Mai à Marseille, à La Marelle, lieu de résidence, de création et scène littéraire permanente. Après une longue apnée, est publié en janvier 2014 dans le numéro 1 de la revue de La Marelle, La première chose que je peux vous dire…

La pièce :
Criss et Cross, deux frères, rescapés d’une guerre, retournent sur les lieux qu’ils avaient dû fuir, en quête de souvenirs et des traces de l’avant. Ils reviennent aussi chercher une paire de chaussures. Pas n’importe quelle chaussure à la petite semelle, non, la reine des chaussures. Celle que l’on exhibe fièrement les soirs de fête, les soirs de frime : la Weston !
A cette quête de l’objet précieux abandonné répond celle, plus absolue, de la mémoire : celle d’une famille qui a vécu l’indicible, celle d’une ville meurtrie, celle d’un pays ravagé par la folie des hommes.
Au pays de la SAPE où le paraître est roi, Julien Mabiala Bissila joue du symbole et aborde l’Histoire par le petit côté de la talonnette, par le dérisoire, comme pour mieux exorciser les douleurs, conjurer le sort, vaincre les terreurs.
Dans ce texte, le dramaturge congolais cultive le cocasse, taquine l’absurde et nous livre une pièce, tout à la fois grave et burlesque, qui contourne les clichés autant qu’elle surprend par son verbe. Du cousu congolais, avec jeux de mots mitraillés au rythme d’une écriture vertigineuse et jubilatoire. Au nom du père et du fils et de J.M. Weston, une prière païenne et « dandy », un hymne à la vie avec la force de frappe des éclats... de rire.

Brazzaville après le conflit par Julien Mabiala Bissila
Plusieurs années après les massacres de milliers de personnes à Brazzaville, des individus appartenant à un seul peuple mais à des origines ethniques différentes qui autrefois s’entretuaient, recommençaient à vivre ensemble grâce à un spectacle. Dans les rues on assistait à quelque chose d’extraordinaire : la déambulation des Sapeurs (*).
J’ai toujours observé ce monde depuis mon enfance avec beaucoup d’admiration sans trop comprendre pourquoi un tel acharnement à paraître élégant au milieu d’une misère cruelle. Est-ce une façon de clamer haut et fort : « La misère ? Oui, mais on s’en sort la tête haute » ? Est-ce un refus de paraître écrasé, meurtri et miséreux devant l’autre ? Vu d’ailleurs cela peut sembler dérisoire mais ce n’est pas le cas. Est-ce alors un défi ? Le paraître peut-il constituer une arme de résistance face à la dictature ? Que représente dans toute cette horreur le fait de se chausser de Weston ? Est-ce un hymne à la vie ? Un bras d’honneur à la misère ? Aujourd’hui, ces chaussures défendent-elles des visions du monde antinomiques ou sont-elles les deux façons d’une même âme guerrière ? Cette paire de chaussures va-t-elle réunir ou diviser ? Quel est le combat, quelle est la quête ? Pour saisir l’essentiel de ce mouvement, il faut se plonger dans l’histoire.

(*) S.A.P.E. : La Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes est une mode vestimentaire populaire née après les indépendances du Congo-Brazzaville et du Congo-Kinshasa, dans les années 1960. Le mouvement s’inspire d’un dandysme cosmopolite emprunté à l’aristocratie britannique comme à la noblesse japonaise Kazoku. Dans les années 1980, le concept de Sape s’affirme comme un mouvement culturel et esthétique, dans les métropoles européennes et aux deux Congo. Des boutiques de « saperie » ouvrent à Bacongo, dans la banlieue de Brazzaville, comme dans le quartier de Château-Rouge à Paris. Des concours d’élégance sont organisés entre sapeurs.

Représentations ATP : Théâtre des Ateliers
le 7 Mars 2016, 20H30
le 8 Mars 2016, 20H30


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