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OGRES


De : Yann Verburgh
Mise en scène par Eugen Jebeleanu
Avec Gautier Boxebeld
Radouan Leflahi
Clémence Laboureau
Ugo Léonard
Claire Puygrenier



Ogres
Texte / Yann Verburgh
Mise en scène : Eugen Jebeleanu

La pièce :
Ogres propose un voyage au coeur de l’homophobie, aujourd'hui dans le monde. De la France à la Russie, de l'Ouganda à l'Iran – en passant par la Bulgarie, l'Afrique du Sud, le Cameroun, la Grèce, le Brésil, la Roumanie, la Corée du Sud, les Pays-Bas – ce texte dresse un état des lieux d'une discrimination qui exclut socialement, qui tue directement ou indirectement, qui existe sous toutes sortes de formes et dont toutes les formes provoquent douleurs et souffrances.
Ogres débute avec l'agression de Benjamin, torturé et laissé pour mort dans un bois de Normandie. La scène nous est racontée, comme une caméra embarquée, au travers du regard de l'un de ses agresseurs. On suit comme un fil rouge, entre les cas traités, l'histoire de Benjamin, jusqu'au procès qui condamne ses agresseurs. Le long de ce chemin, il est accompagné par Yoan, jeune militant LGBT* qui lui apporte soutien et écoute. Au total, 28 scènes et 14 destinations où se confrontent les points de vue des victimes, des agresseurs, des familles, des témoins, des commentateurs. Au milieu de l’horreur, de la torture et de l'incohérence, sous la croûte des plaies, ce qui n'est jamais éradiqué, tué ou étouffé, c'est l'amour – celui d'Eshan et d'Ali, condamnés à mort en Iran – c'est l'espoir – celui de Tara, jeune Ougandaise en procédure de demande d'asile aux Pays-Bas – c'est le courage – celui de Luka, lycéen russe de la ville de Sotchi.

Le contexte menant à l'écriture
« En 2013, avec le vote du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, la France est devenue le 9e pays européen et le 14e pays au monde à autoriser le mariage homosexuel. Si cette année marque une grande avancée pour la communauté LGBT française, elle est aussi marquée par une augmentation significative des agressions homophobes. Choqué et surpris par cette recrudescence de violence, j'ai engagé des recherches sur la question de l'homophobie, d'abord dans mon pays, en France, puis sur tout le reste du globe. Il n'y a pas de mots pour qualifier ce que j'ai trouvé, même si on peut parler d'intolérance, de violence, de discrimination, de crime de haine, de barbarie ou d’horreur. Mon moyen d'agir dans la société étant le théâtre, c'est donc ce médium que j'adopte en écrivant ce texte pour dénoncer ces crimes et défendre la liberté et l'amour.
Les Ogres du titre de ce texte - Ogre du latin Orcus, « enfer » - sont la métaphore d'une peur et d'une souffrance, celle de Benjamin, dont on suit l’histoire au milieu des témoignages d'autres agressions. Les Ogres sont la représentation d'une cruauté, celle de la bouche, du stade oral, du verbe, jusqu'à la barbarie, jusqu'au sang, jusqu'au meurtre, jusqu'à l’horreur. L’ogre s'attaque à l'innocence, aux enfants qui n'ont que peu, voire aucun moyen de défense face à ce monstre. A l’instar de nombreux pays où les homosexuels n'ont que peu, voire aucun moyen de défense face à leurs agresseurs ou face à des lois meurtrières. Le système de dramatisation que j'ai choisi pour raconter ces histoires, s'appuie sur un concept simple : un personnage / un point de vue / une situation / une action. Les témoignages font intervenir tour à tour victimes, agresseurs, mères et pères des victimes, simples témoins, agents de police... Cela me permet, en termes d'écriture, de varier le style et les angles de narration, de multiplier les points de vue et de les confronter, de jouer avec les rythmes et l'intensité dramatique, de charger l'ensemble des témoignages de vie et de chair.
Je souhaite donner à cette écriture une véritable valeur littéraire et une identité artistique forte dans le paysage théâtral contemporain. Mon but est qu'au milieu de l’horreur surgisse l'amour. »
Yann Verburgh
Yann Verburgh, auteur
Après un bref passage à l’École des Hautes Études en sciences de l'information et de la communication de la Sorbonne, Yann Verburgh décide de se consacrer au théâtre, d'abord en France, puis en Roumanie où il est le directeur artistique de la Compagnie 28, au sein de laquelle il intervient également en tant qu'acteur et auteur de concept scénique.
En 2014, il écrit son premier texte dramatique, Ogres, sur le thème de l’homophobie aujourd’hui dans le monde, lauréat de l'Aide à l'écriture de l'association Beaumarchais-SACD et de l'Aide à la création du CnT, avec le soutien de la Chartreuse Cnes. Ogres fait l’objet de nombreuses mises en voix : Cycle de lectures d’auteurs contemporains à la Comédie Française, Huitième Nuit de la Chartreuse, Rencontres d'été 2015, Journées Théâtre du présent à l’Apostrophe, Lundis en coulisse au Théâtre de l'Aquarium et à la Villa Gillet, Mardis midi au Théâtre 13/Seine, Festival Temps d'Images de Cluj en Roumanie, etc. En 2015, il écrit La neige est de plus en plus noire au Groenland, sur le thème de l'obsolescence programmée, sélection TEC 2015, invité en résidence par le CDN du Poitou-Charentes, étudié à l’École Internationale des Nations Unies de New York et accompagné par le collectif À Mots Découverts ; Après CHARLIE, commande des Ateliers théâtre intergénérationnel de la Cie Avril'Enchanté, sur le thème Nos racines, nos diversités (m.e.s. Catherine Hubeau - Mairie du Xe, Théâtre du Gymnase, Couvent des Récollets) qui reçoit les félicitations de la Préfecture de Paris pour l'exemplarité du projet ; ALICE, texte jeune public qui questionne le rôle du conte dans la construction identitaire face au genre (trad. et m.e.s. Eugen Jebeleanu - Théâtre Gong de Sibiu, Roumanie). En 2016, il écrit H.S. tragédies ordinaires, sur le thème du harcèlement scolaire, en résidence à la Chartreuse Cnes, sélection TEC 2016 et Interplay Europe 2016 à Göteborg en Suède - avec le soutien de la SACD.

Yann Verburgh est également membre du collectif d’auteurs Traverse, fondé à la Chartreuse Cnes.

Eugen Jebeleanu, metteur en scène
Eugen Jebeleanu est un acteur, metteur en scène, auteur, traducteur et chorégraphe roumain. Il débute en 2005 comme acteur en Roumanie. En 2009, il joue sous la direction de Radu Afrim dans La Maladie de la Famille M. de Fausto Paravidino, au Théâtre de l'Odéon, Paris. Après une licence en jeu au Conservatoire National d’Art Dramatique de Bucarest (UNATC), il poursuit ses études au Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris en tant que stagiaire étranger
. En 2010, il fonde, avec le comédien et auteur Yann Verburgh, la Compagnie 28. Au sein de cette compagnie, il crée en tant que metteur en scène et auteur : Petites Fictions de Roumanie d'après Régis Jauffret, Don'tcrybaby (traduit en allemand et publié aux Editions Theater der Zeit en 2015), Blanc d'après Elizabeth Egloff, Retox – la Roumanie est un pays occidental photocopié (texte sélectionné dans le Palmarès 2014 de Eurodram, réseau européen de traduction théâtrale), Hôtel d'après Wunschkonzert de Kroetz et Elle est un bon garçon. Ses créations sont programmées dans une vingtaine de festivals en Roumanie, parmi lesquels le Festival Temps d'Images de Cluj et le Festival International de Théâtre de Sibiu. Il poursuit sa formation au Master Professionnel Mise en scène et Dramaturgie à l’Université Paris X-Nanterre. Il collabore avec Frédéric Fisbach pour sa création au Festival d'Avignon de Corps et Pulvérisés, deux textes d'Alexandra Badea.
En 2015, il co-met en espace, Des idiots, nos héros de Moreau, à Théâtre Ouvert et il crée Alice de Yann Verburgh, spectacle jeune public, au Théâtre Gong de Sibiu, Roumanie. Il est lauréat de l'appel à projet de la FATP 2016/2017 avec Ogres de Yann Verburgh et fait partie du Label Jeunes Textes en Liberté. En 2016, il crée au Théâtre National de Sibiu, Roumanie, 20 Novembre de Lars Norén et il est invité par le Théâtre National de Stuttgart pour une création au printemps 2017.

Cette pièce à été choisie par la Fédération des ATP de France pour la saison 2016/17
A ce titre elle sera programmée dans tous les ATP de France durant cette saison.


Représentations ATP : Théâtre des Ateliers
le 1 Mars 2017, 20H30


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