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EMMÈNE-MOI AU BOUT DU MONDE


De : Blaise Cendrars
Mise en scène par Jean-Michel Rabeux


Avec

Claude Degliame

spectacle à 20h30 - durée 1h05

Coproduction : Le Maillon, Théâtre de Strasbourg, Théâtre de l'Agora, scène nationale d'Evry et de l'Essonne La Compagnie

décor et costumes Pierre-André Weitz

lumière Jean-Claude Fonkenel

(pour en savoir plus et voir les photos cliquez sur le titre du spectacle)



LA PIÈCE

Les quatre premiers chapitres de Emmène moi au bout du monde ont été pour beaucoup dans ma compréhension du rapport que j’ai avec le théâtre. Quand je les ai lus, je me suis un peu plus compris, un peu plus admis dans ce va et vient incessant que le théâtre m’impose ou que j’impose au théâtre, entre le secret et le public, le plus profond en moi et la surface du plateau, le plaisir et la terreur, la jubilation du tragique, l’effroi devant la bouche sanglante du clown parce que, les larmes soudain aux yeux dans le noir de la répétition, j’y discerne quelle dévoration de l’amour des hommes ? Ce livre, il y a très longtemps, m’a appris que les monstres – donc moi, donc tout le monde – pouvaient être, au théâtre, sacrés. Il m’a appris ce que je faisais sans le savoir. Jean-Michel Rabeux

C’est l’histoire d’une drôle de comédienne, Thérèse Eglantine...

Vieille. Plus de 75 ans. "Une intellectuelle, la plus grande comédienne de Paris"

Quand ça commence "elle est sous presse" avec un légionnaire. "Chic... quelle veine ! Elle était possédée. Une idée fixe la poussait. Se perdre, crever d’extase, de peur. Ne plus vaincre mais tomber, se donner, n’importe où, dans un trou. Un trou, elle n’était qu’un trou et elle gisait au fond. Emmène moi au bout du monde ! s’écria-t-elle épouvantée. Aïe ! Aïe... Tu me fais mal salaud !"

C’est cru et c’est drôle d’être cru

La vieille femme perd son dentier, prend des gnons. De l’hôtel borgne où elle a passé la nuit, elle sort à l’aube dans la rue. C’est aux Halles, mais les Halles d’alors. Elle se mire dans une vitrine de boucherie, au milieu des têtes de veau, elle se voit hagarde, l’œil poché, monstrueuse, monstre qu’il va falloir sacrer à la répétition où elle court, en retard évidemment, parce que cette nuit d’amour lui a fait trouver son personnage, ce réveil écoeuré et grandiose, son visage défait, l’œil poché, "tragiquement laide", elle court chez son amie, cul de jatte et droguée, riche et superbe, le plus beau buste du monde, lui emprunte une fortune de bijoux qui, avec un costume insensé, travestiront sa vieillesse et à son arrivée à la répétition feront taire les commentaires, juguleront la remplaçante pressentie, jeune, belle et bête, imposeront son génie faramineux, cette entrée d’apothéose lui redonne le plateau et bientôt lui donnera un triomphe parce qu’elle l’achève par un coup de génie : doucement, délicatement, elle commence à dire "Les aveux et les plaintes de la veille rombière de François Villon. Ha ! Vieillesse félonne et fière. Pourquoi m’as-tu si tôt abattue ? Et d’une dernière secousse, fit tomber la robe qui se détacha d’elle et elle apparut toute nue. C’était cruel et infiniment tragique. Le dos voûté, les jambes cagneuses, le ventre en bosse, les fesses pendantes... L’auditoire d’abord atterré puis saisi était porté aux extrêmes limites de l’enthousiasme, au-delà de quoi il n’y a plus qu’à rendre l’âme, car tels sont les prestiges du théâtre : on entre de plain-pied dans un monde inhumain chez les "monstres sacrés".

Rideau

Une seule actrice pour tous les rôles, jeune et veille, baroque et ascétique

Autour du personnage de Thérèse Eglantine Nous ne faisons pas une "adaptation théâtrale" au sens habituel du mot, avec dialogues, personnages et décors réalistes. Aucun mot n’est ajouté à ceux de Cendrars. Un choix est opéré au sein des 4 premiers chapitres du livre, choix dicté le plus souvent par le souci d’une unité et d’une progression dramatique autour du personnage de la comédienne : Thérèse Eglantine.

Claude Degliame interprète d’abord, évidemment, le personnage de Thérèse, mais pas seulement, elle frôle les autres, dont celui de l’auteur, d’un coup d’épaule ou de reins, elle glisse d’un personnage à l’autre, comme la mise en scène glissera d’une situation ou d’un lieu à l’autre, avec presque rien, un changement de profil de l’actrice, d’intonation, une bascule lumière, trois pas –mais les bons– pour aller d’un taxi à la scène, d’un présent à un passé, du personnage d’un metteur en scène à celui d’une jeune actrice. Infimes magies qui suffisent au théâtre pour éveiller l’imagination du spectateur.

Une extravagance baroque

Le décor voudra une grande proximité avec le public, probablement un cercle, surélevé en piédestal, et tournant, entouré de spectateurs et qui présentera doucement l’actrice sous toutes ses formes pour l’accomplissement du rite joyeux de la représentation. En tout cas, une machine simple, non redondante.

Les costumes, par contre, ou plutôt, le costume, se construira peu à peu pendant le spectacle jusqu’à cette extravagance baroque que décrit longuement le texte, et dans le costume, je mets le maquillage, baroque lui aussi, qui fait partie intégrante de la décoration "horriblement belle" que la comédienne opère sur elle-même en ayant recours "probablement sans l’avoir fait exprès à la terreur religieuse, à la mythologie crétoise, au culte de Minos pour se diviniser, impavide dans un rôle gai, une énigme, un monstre".

Le spectacle se terminera presque certainement par la nudité finale de Thérèse, telle que dite dans le texte, pendant le poème de Villon. Claude Degliame a une silhouette de jeune femme, mais elle n’en a pas l’âge. En l’éclairant à contre jour, sa nudité sera celle de la jeunesse, mais en basculant progressivement la lumière jusqu’à une face "en douche", comme on dit, tous les défauts, les affaissements, les vieillissements du corps apparaîtront, accusés et multipliés par la dureté de la lumière, et l’image finale sera cette nudité de "la vieillesse félonne et fière", terrible, superbe.

Un jusqu’au bout du monde mortel et drôle

Emmène moi au bout du monde, c’est le dernier livre de Cendrars, l’ultime, le mal aimé par certains parce que mal sonnant sans doute. C’est vrai qu’il dissone.

Le socialement ou moralement correct est loin, loin, loin. Les gens y vivent comme on ne vit plus semble-t-il. Une sorte d’intensité canaille, un jusqu’au bout du monde mortel et drôle.

Il est vieux Blaise, il s’en fout de ce qu’on va penser. Il s’en est d’ailleurs toujours largement foutu. Le livre entier est d’une violence, d’une incongruité érotique inégalée dans son œuvre, plutôt elliptique de ce côté. Erotique, c'est-à-dire bien entendu et pour qu’on se comprenne, poétique. Le corps de la vieillarde, ses ébats, c’est le désordre et le doute, le plaisir et ses douleurs, la beauté qui rigole dans la laideur ! Tout ce qui pour moi fait théâtre.

L’inadmissible trivialité, Cendrars la rend drôle à éclater de rire.

Quand je lis ces pages, j’éclate de rire des goûts tonitruants de la veille comédienne. Blaise s’amuse à faire grincer les dents, à faire rire de faire grincer les corps, les classes sociales, les genres humains, les artistes et les prolos, les avinés, les drogués et les ascètes, les ex-collabos et les jeunes loups du théâtre, les critiques et les metteurs en scène, les nègres bénéfiques et les culs de jatte, et des morales il n’y en a pas qu’une mais beaucoup, qu’il se fait un plaisir de frotter les unes contre les autres pour que jaillisse la vie étincelante, parce que "vivre est un art magique" et pas une triste prudence.

Comme le théâtre ! Et c’est ce qui m’a immédiatement fasciné à la première lecture de ces lignes, il y a bien 30 ans, ce qu’elles racontent sur le théâtre de la part d’un auteur qui n’a pratiquement jamais écrit pour lui, même s’il a partagé sa vie avec une comédienne.

Le théâtre est un des sujets du spectacle, peut-être le principal.

Cendrars ausculte notre art avec une compréhension concrète, une profondeur, une jubilation inoubliable. Je ne résiste pas à citer encore : "C’est à la dernière heure, quand les mortels se lamentent et désespèrent que je m’empare d’eux par la pompe... et triomphe en leur faisant franchir la rampe, ce mauvais pas. Je ne sais pas d’où me vient cette sévérité. J’aime le spectacle. Mais, pauvres humains ! C’est un voyage à sens unique. Drôle de commerce. On ne revient pas. C’est la mort. Un soleil Noir. Mais c’est une grande lumière".

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars naît à New York le 6 avril en 1912. Il a 24 ans. Ce dimanche de résurrection, Frédéric Sauser, consumé de faim et de misère, abandonne son passé. Il écrit Pâques, son premier grand poème et signe sa vocation : vivre pour écrire. Un an plus tard, Cendrars publie La Prose du Transsibérien, enluminée des couleurs du peintre Sonia Delaunay : le "premier livre simultané".

Il a vingt-cinq ans, porte un nom qu’il s’est inventé, issu du feu qui le brûle. Il a derrière lui une enfance douloureuse en Suisse, en Italie, en Allemagne ; une adolescence ardente mêlée à la révolution de 1905 dans une Russie d’apocalypse ; un apprentissage d’homme et d’écrivain dans un milieu d’esthètes en Belgique, puis dans un Paris de misère qui l’ignore, et enfin dans le Nouveau Monde, mirage de l’argent et du "principe de l’utilité". La terre entière et les espaces célestes sont les domaines de son exploration. Libre de toute attache, il sillonne les routes, les océans, passe d’un continent à l’autre, du dedans au dehors. L’action rejoint l’écriture. L’aventure est sa matière première.

Engagé volontaire dans l’armée française, son bras droit est emporté par un obus en 1915. C’est un bouleversement profond : tout est changé, sa main d’écrivain et sa vision du monde.

L’Or (1924), Moravagine (1926), Le Plan de l’aiguille et Les Confessions de Dan Yack (1929) transforment le concept du roman. A cette époque, il publie également La nuit dans la forêt (1929), Rhum (1930), Vol à voile (1932).

De 1944 à 1949, L’Homme foudroyé, La Main coupée et Bourlinguer apportent une nouvelle forme au récit d’inspiration autobiographique. Puis Le Lotissement du ciel révèle son attachement à la contemplation.

En 1956, Cendras publie son dernier roman Emmène-moi au bout du monde.

Claude Degliame

Claude Degliame a principalement travaillé avec Claude Régy dans Les gens déraisonnables sont en voie de disparition et Par les villages de Peter Handke, La Trilogie du revoir et Grand et petit de Botho Strauss, Elle est là de Nathalie Sarraute ; avec Bruno Bayen dans Les Fiancées de la Banlieue et Faut-il choisir pour rêver?, textes de Bruno Bayen ; avec Jacques Lassalle dans L'Heureux stratagème de Marivaux, Emilia Galotti de Lessing, Le Misanthrope de Molière ; avec Antoine Vitez dans L'Echange de Paul Claudel ; avec Philippe Adrien dans Les Bacchantes. Elle a travaillé sous la direction d'Olivier Py dans l'Apocalypse Joyeuse.

Elle a mis en scène et joué Phèdre de Jean Racine au Théâtre de la Bastille, au Théâtre Vidy-Lausanne et à la Rose des Vents.

Avec Jean-Michel Rabeux, depuis toujours, dans La Fausse suivante de Marivaux, Onanisme avec troubles nerveux chez deux petites filles, L'Eloge de la pornographie, Légèrement sanglant, Les Charmilles, Nous nous aimons tellement (textes écrits par Jean-Michel Rabeux), Ce qui est resté d'un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers et foutu aux chiottes de Jean Genet, Phèdre de Jean Racine, L'Amie de leurs femmes de Pirandello. L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer de Copi, Déshabillages (Comédie mortelle) de Jean-Michel Rabeux, et dans Feu l’Amour ! d’après trois pièces de Georges Feydeau.

Jean-Michel Rabeux

Jean-Michel Rabeux s’engagea dans des études de philosophie avant de s’intéresser au théâtre, comme comédien d’abord, puis très vite comme metteur en scène et auteur. Un parcours qui le mène de Racine à Copi traversant l’oeuvre de Molière, Marivaux, Labiche, Durif, Ristat, Pirandello aussi bien que les textes de Sade et de Genet, mêlant classiques et contemporains, revendiquant, à travers cet éclectisme, un théâtre questionneur et décapant. Un théâtre où la puissance des mots, supports de la pensée, de la réflexion, de l’émotion et du désir, n’est rien sans la puissance des corps, exposés non par la volonté de provocation gratuite mais, par la nécessité de faire participer l’éros à la représentation théâtrale sur laquelle plane l’ombre de la mort. Ce théâtre traite des corps sur scène comme le ferait un peintre sur sa toile transfigurant la nudité crue de ses modèles (Rembrandt, Vélasquez, Bacon).

Cette préoccupation de la "représentation" du lien intime corps-esprit se retrouve dans l’oeuvre dramatique de Jean-Michel Rabeux de Déshabillages, sa première pièce (1983) à L’Eloge de la pornographie (1987) en passant par Légèrement sanglant ( 1991) et Nous nous aimons tellement ou Le Ventre. Toujours un questionnement sur ce que l’on cache ou sur ce qu’il n’est pas convenable de dévoiler, sur le profondément enfoui qui surgit parfois inopinément nous conduisant dans un même mouvement d’un sentiment d’effroi à un troublant éclat de rire. Auteur. (il ne publie pas son théâtre)

- L’Éloge de la pornographie

- Légèrement sanglant

- Nous nous aimons tellement

- Déshabillages

- Le Ventre Ed. Les Solitaires intempestifs

- Les Charmilles et les morts Editions du Rouergue

Claude Degliame, portrait "Elle est du sang sauvage / et la voilà qui va plonger dans ses sens / elle porte dans sa main son chapeau d’été / et souffre, calme, le soleil brûlant / et ne sait que commencer" (Le Rossignol, Theodor Storm). Quand elle marche, ses pas ne la portent jamais là où elle va. On dirait qu’elle hésite avec ses pieds, comme si les directions précises n’existaient plus. Alors qu’on croyait qu’elle marchait, soudain elle est immobile. Et, quand tout son corps indique qu’elle avance vers nous, voilà qu’elle vient de faire volte-face, ou qu’elle est déjà sortie.

Son immobilité même est chargée d’imprévisible. Elle se tient, droite, comme les images sacrées des déesses lunaires et on ne sait pas à quel moment s’opère le mouvement imprécis qui l’assouplit, la rend humaine à nouveau, redescendue sur terre, comme si une vibration ondoyante l’avait traversée un instant. On croit que c’est nous, spectateurs, qu’elle fixe, mais elle fixe toujours quelque chose d’autre de son regard minéral, comme si elle avait devant ses yeux une hallucination dangereuse et constante, qui est en elle au-delà d’elle. On croit voir ce regard encore, mais en fait, il y a quelques secondes déjà qu’elle nous tourne le dos. Son regard est resté dans l’air bien après qu’il ait disparu, un peu comme le chat de Cheshire, dont le sourire luisait encore entre les branches d’un arbre après que le chat, lui, se soit effacé dans la nuit.

Elle est forte et fragile. Rien ne semble davantage la définir que les phrases hésitantes, ouvertes, presque comiques, hagardes et en même temps prophétiques de Peter Handke qui concluaient la première partie de Les Gens déraisonnables sont en voie de disparition. Elle pivotait et remuait dans les bras de Gérard Depardieu, elle était là terriblement vivante et en même temps depuis longtemps en allée.

Elle disait "... Je... là où... parce que... heu !... et toi... n’est-ce pas. (Elle rit, indécise)... ceci et cela... et l’automne... comme une pierre... ce bruit de feuilles... les ammonites... et la boue qui colle aux semelles...". Elle est totalement étrangère à sa voix, à son corps. Ils lui font peur. Elle tremble.

Dans Grand et petit elle ne jouait pas. Elle se décrivait elle-même, en décrivant la manière dont le monde lui apparaissait. Elle disait : "La ville entière glissait du flanc de la montagne, était précipitée dans le fleuve et moi, toute petite, là dans la salle de séjour du vieux Birkholz..."

Sa "voix somptueuse", elle s’en fout. D’ailleurs, cette hésitation qui habite ses mouvements, comme si jamais aucun ne pouvait être le bon, le définitif, habite aussi la voix, tour à tour sombre et claire, mâle et femelle, blanche et chaude, aux propositions multiples. Elle disait à la fin de Par les villages : "Allez éternellement à la rencontre".

C’est ce qu’elle fait.

Claude Régy

Extraits de "Emmène-moi au bout du monde" de Blaise Cendrars :

Tout le monde savait au théâtre que Thérèse avait des drôles de fréquentations. Loin de l’en blâmer ou de s’en inquiéter, tout le monde admirait sa vitalité. Et l’on attribuait à la curiosité la hantise qui poussait l’incorrigible comique chez les vagabonds, les truands, les rôdeurs, toute cette racaille de noctambules impénitents, et de se tremper dans leur ambiance et de se mêler à leurs micmacs pour les besoins de son rôle et mieux s’en pénétrer !

Tout acteur de génie se dédouble pour vivre dans l’aura de son personnage, sinon, sans cette crise, il n’existe pas ; ce qui explique le plus souvent les mauvaises mœurs et le scandale à la ville des passions dont les gens de théâtre ne sont pas responsables mais qu’ils affichent car, hélas ! ils ne les ont pas dans la peau et c’est le plus souvent du chiqué, d’où le grand nombre de cabotins.

Sept heures sonnaient à la pointe de Saint-Eustache comme l’actrice bohème tournait le coin de la rue du Jour, où donnent les étuves des ébouillanteurs avec leurs rangées de têtes de veau échaudées et chauves qui vous regardent passer avec une feinte raillerie dans l’atroce ruelle, elle tomba en arrêt devant une affiche apposée de la nuit, toute ruisselante de colle fraîche et qui annonçait le spectacle avec son nom en vedette.

- Décidément mon légionnaire me porte bonheur, se disait la vieille toquée en se mirant longuement dans la vitrine d’une boutique pleine de têtes de veau grotesques et hilares autant que l’ignoble faciès qu’elle venait de découvrir au lit.

- Ca y est, je tiens mon costume et j’envoie bouler couturiers, modistes et maquilleurs...

Et en se mirant obliquement dans uns autre vitrine, où elle apparaissait en surimpression transparente parmi les têtes de veau exposées, elle se demandait : "Suis-je mieux avec ou sans mon dentier ?... Je vais me faire une tête, mais une tête !...Les bajoues, le gras de cou, mon double menton... C’est une trouvaille... Je vais me faire une tête de vache... Ça sera un triomphe..."



Blaise Cendrars


Jean-Michel rabeux



Représentations ATP : Théâtre Antoine Vitez
le 28 Novembre 2006, 20H30
le 29 Novembre 2006, 20H30


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