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LA MAISON DE BERNARDA ALBA


De : Federico Garcia Lorca
Mise en scène par Andrea Novicov

Cie Angledange

spectacle à 20h30 - durée 1h30

collaboration artistique: Sandra Amodio

castelet et objets: Christophe Kiss

éclairages et régie lumière: D
Avec

ADELA: Léa Pohlhammer

AMELIA: Bartek Sozanski

ANGUSTIAS: Anne-Catherine Savoy

BERNARDA: Valéria Bertolotto

MAGDALENA et MARIA-JOSEFA: Valérie Liengme

MARTIRIO: Marie-Madeleine Pasquier

PONCIA: Matteo Zimmermann

(pour en savoir plus et voir les photos cliquez sur le titre du spectacle)



Le théâtre est la poésie qui sort du livre et se fait humaine. Et,ce faisant, elle parle, crie, pleure et désespère. Le théâtre a besoin que les personnages qui paraissent sur scène aient un costume de poésie et laissent voir, en même temps, leur os, leur sang.

F.G.Lorca

FEDERICO GARCIA LORCA

Ecrivain espagnol

Né en 1898

Décédé en 1936

BIOGRAPHIE

Issu d'une famille rurale et aisée, Fédérico Garcia Lorca fait des études à Grenade où il devient l'ami du compositeur Manuel de Falla. Installé à Madrid, il fréquente Dali et Bunuel, et commençe à s'intéresser au théâtre. Après quelques années infructueuses, la publication en 1927 de ses 'Chansons' et le triomphe de sa pièce 'Mariana Pineda' lui ouvrent les portes de la célébrité. L'année suivante voit paraître son recueil 'Romancero gitan', qui sera réimprimé sept fois en huit ans. Invité à New-York pour y donner des conférences, Lorca quitte Madrid et écrit sur place 'Le poète à New- York', 'Au roi de Harlem' et 'Ode à Walt Whitman'. Retourné en Espagne, il est nommé directeur du théâtre ambulant La baracca. Lorsque la guerre civile éclate, Lorca poursuit ses activités sans se croire inquiété, pourtant "le rossignol d'Andalousie" comme le nommait ses amis, est arrêté par la garde civile et fusillé le 19 août 1936, bien qu'il n'ait participé à aucun mouvement politique.

La Maison de Bernarda Alba

L'oeuvre ultime de Federico Garcia Lorca nous plonge dans une Espagne exaspérée par l'injustice, les préjugés ou la morale religieuse au seuil de la guerre civile. Un village andalou dans les années 1930. Bernarda, la femme la plus aisée du village et mére tyrannique de cinq filles célibataires âgées de 20 à 39 ans, perd son époux et se prépare à huit ans de deuil avec ses filles comme le veulent la règle et la bienséance que Bernarda respecte religieusement.

L'aînée des filles, Angustias, qui a hérité du défunt, est demandée en mariage par Pepe El Romano, le plus beau garçon du village et objet commun du désir de ces femmes seules et frustrées.

Il devient l'amant d'Adela, la plus jeune des soeurs, celle qui croit encore à la vie et qui n'a pas l'intention de rester enfermée. Epiée par la servante et par sa soeur Martirio qui est jalouse, et malgré ses efforts pour dissimuler son secret, Adela ne peut empêcher que celui-ci soit découvert et finit par l'avouer fièrement devant toute la famille. Bernarda, pour étouffer le scandale chasse Pepe hors du village et Adela croyant son amant mort, abattu par sa mère, finit par se suicider.

Mise en scène

Le texte de Lorca traite de la frustration et de l'enfermement. Il nous montre, dans un univers de réalisme fantastique, des personnages étriqués, comme atrophiés par la peur et les conventions sociales. L'histoire est celle d'une mère qui empêche ses filles de devenir adultes.

Nous avons donné un corps à ces jeunes filles-bourgeons qui ne fleuriront jamais a été d'en faire des êtres moitié humain moitié marionnettes, des êtres qui pourraient se déployer si une convention absurde ne les maintenait pas dans un état de perpétuel inachèvement.

Un dispositif scénique centré sur des comédiens-marionnettes donne lieu à quantité d'effets d'échelle et de distance. Il instaure un trouble permanent dans le rapport des êtres aux choses et aux lieux. Ainsi, pensons-nous, la pièce de Lorca trouve une traduction des plus justes dans un phénomène théâtral concret. Toujours vous rapetissez, ô vous les petites gens ! En miettes vous tombez, ô vous les confortables ! Vous allez succomber, ce me semble, à vos multiples petites vertus, à vos multiples petits manquements, à vos multiples petites résignations!

Friedrich Nietzsche

Théâtre d'objets, théâtre du monde

Le théâtre de figures, d'une part bouleverse les échelles et d'autre part ne fait plus de l'homme le pivot de l'espace scénique. Il force ainsi le spectateur à déplacer son regard.

Si, sur une scène, existe un monde dont l'homme n'est plus le centre et dont les proportions ne sont plus celles que nous connaissons et si ce monde obéit manifestement à une logique véritable, alors notre monde à nous, tel que nous le percevons, perd son objectivité. Paradoxalement, un théâtre de l'objet met en lumière la subjectivité foncière de notre rapport au réel. Notre intention, dans cette recréation de La maison de Bernarda Alba, est de fonder un tel monde alternatif, un miroir déformant.

Un théâtre qui renonce à faire de l'humain son centre est aussi, à notre avis, une forme d'art qui rend mieux compte de la réalité contemporaine.

Nous vivons en effet dans un monde de choses. Les objets de tous les jours tendent à s'imposer à nous comme s'ils avaient une légitimité naturelle. Mais ces objets, ce sont des hommes qui les ont créés. Si nous les acceptons tels qu'ils se présentent, alors nous acceptons le monde qui les produit et nous reconnaissons implicitement sa légitimité.

De plus, cet environnement d'objets qui se veut naturel s'est édifié à notre échelle. Il module la perception que nous avons de nousmêmes, nous faisant croire que la taille et la forme de l'homme est un étalon objectif.







Représentations ATP : Théâtre Antoine Vite
le 16 Janvier 2007, 20H30
le 17 Janvier 2007, 20H30


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