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REGARDE MAMAN, JE DANSE


De :
Vanessa Van Durme
Mise en scène par Frank Van Laecke
Avec

vanessa van durme

Spectacle à 20h30 - durée 1h25

Réservations 04 42 99 12 12 (11h-18h)


Spectacle en français


(pour en savoir plus et voir d'autres photos cliquez sur le titre du spectacle)




Vanessa Van Durme, auteure-actrice flamande révélée la saison dernière dans White Star de Lies Pauwels, ne joue pas un rôle. Elle se joue elle-même et le miroir auquel elle se confronte est impitoyable. Lentement mais résolument, cette femme transsexuelle se dépouille de soixante ans de vie, et dévoile le tréfonds de son âme.Tour à tour drôle et poignante, son histoire évoque le petit garçon qu’elle a été. Puis la femme qu’elle est devenue. Elle nous parle de quête d’identité et de place dans le monde en nous donnant une véritable leçon d’humilité. Le langage est incisif, âpre, précis. Et l’ironie salvatrice. Car seul un humour féroce peut servir de bouclier contre les regards blessants et les préjugés du monde. Regarde maman, je danse est avant tout le fado lancinant d’un être à la recherche du simple bonheur.


EXTRAITS DE PRESSE

Confessions d’une enfant blessée

On la connaît. On la reconnaît tout de suite, Vanessa van Durme. Elle était la maman formidable de Tous des indiens , un des inoubliables spectacles d’Arne Sierens et Alain Platel, ces Flamands dont l’humanité et la liberté forcent l’admiration. Une belle et grande femme au visage énergique, au regard ferme. Elle est là, c’est elle. Pieds nus sur le plateau des Abbesses dans une combinaison rose. Une table de formica, deux chaises de cuisine, d’un côté ; deux poupées d’autrefois, Celluloïd des années 1950, de l’autre. Un garçon, une fille. Résumé de la vie de Vanessa van Durme. Passer de l’un à l’autre. Etre né garçon et se savoir fille. Souffrir. Etre aimé par des parents formidables qui finissent par tout comprendre. Se vouloir fille. Et commencer à traverser ce mur.

Ce que nous propose Vanessa van Durme, mise en scène par Franck van Laecke, est bien plus qu’un monologue. C’est la confession d’une enfant blessée, ce long chemin qu’elle a dû suivre pour être enfin elle-même, chemin de croix, chemin de soi, épreuves, humiliations, désespoir. Mais cette artiste ultrasensible va au-delà des aveux. Elle joue et se joue des pièges du parler vrai. Elle déjoue la tentation larmoyante. Son texte est parfaitement composé et écrit (traduction Monique Nagielkopf) et elle ne craint ni la violence ni la réalité, ni la crudité des mots, ni l’humour. Ce n’est jamais scabreux. Elle est fine, délicate et d’une drôlerie merveilleuse. Très bien dirigée par son metteur en scène et coachée par Griet Debacker, elle nous fait comprendre, comme aucun médecin ou psy ne pourrait le faire, ce qu’est l’aventure humaine de cette traversée si particulière, ce défi, ce combat.

Armelle Héliot - Le Figaro - 24 novembre 2007


Vanessa, homme devenu femme

Vous avez peut-être vu, en 2000, Vanessa Van Durme dans Tous des Indiens , du chorégraphe et metteur en scène Alain Platel. Elle jouait une mère d'une famille souveraine, malgré la pauvreté. La revoilà, dans Regarde maman, je danse, écrit et joué par elle seule. Vêtue d'une combinaison rose, pieds nus, elle raconte son histoire. Celle d'un bébé de cinq kilos qui naît en Belgique, en 1948. Un garçon. Mais comme il est étrange, en grandissant, cet enfant. S'amuser avec des voitures ne l'intéresse pas. Se déguiser en pirate non plus. Au fond de lui, il sent - il sait - qu'il est une fille.

Accepter d'être ce que l'on est, dans le cas de Vanessa, c'est faire un long chemin pour le devenir. En se laissant pousser les cheveux et des seins, d'abord. Puis en allant à Casablanca, en 1975, pour se faire enlever ce sexe d'homme qui ne lui a jamais semblé lui appartenir ("un petit demandeur d'asile, qui voulait rester là, mais ça n'allait pas"), et le remplacer par un vagin. Ainsi, Vanessa devient "la première transsexuelle de Belgique". A une époque - celle du film de Rainer Werner Fassbinder L'Année des treize lunes - où la médecine ne fait pas dans la dentelle, et le regard des autres, pas de cadeaux.

"Tu regrettes ?" demande la mère à sa fille, avant de mourir. "Je ne sais pas. Je ne pouvais pas faire autrement." Pas faire autrement que d'arrêter d'être acteur, après les études aux Conservatoire de Gand (on veut lui faire jouer Roméo, elle se sent Juliette), puis de passer par des années de prostitution et, enfin, d'accepter que, quoi qu'elle fasse, elle sera toujours pour les autres "un phénomène". Mais c'est une femme tout simplement qui est là, sur scène, avec son mètre 90, sa combinaison rose et ses pieds nus.

Quand elle parle de la première fois où elle a été pénétrée par un sexe d'homme, son visage marqué est de toute beauté. "Je me suis sentie incroyablement heureuse. C'était si bon. Rentrer chez soi, arriver au port. Le voyage avait été si long." Un voyage que Vanessa raconte sans le masque de la pudeur, en faisant rire la salle aux éclats. Mais ces rires s'effacent peu à peu. Aux applaudissements, on sent que chacun aurait envie de prendre dans ses bras cette femme bouleversante. Parce que c'est une femme qui n'a jamais renoncé. Une leçon de vie.

Brigitte Salino - Le Monde - 22 novembre 2007


Pour tout savoir sur Vanessa Van Durme et voir des extraits video, consulter le site :

http://www.swanlake.be/

…et pour voir d'autres video (interview et extraits du spectacle),

http://www.fransbrood.com/FR/productions.mv

puis cliquez dans la liste "spectacles de salle", sur : "SWAN LAKE / VANESSA", puis sur "Dossier/audio/Video"

Représentations ATP : Théâtre du Jeu de Paume
le 13 Décembre 2007, 20H30


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